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Sénégal Le gouvernement annonce son retrait de la production de l’arachide dans deux ans

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Le gouvernement sénégalais annonce vouloir confier l’organisation de la production et de la commercialisation de l’arachide à des organisations professionnelles. Ce produit d’exportation, le principal du pays, connaît une production en forte hausse.

Après avoir décidé de libéraliser l’exportation de l’arachide, à l’exception des volumes destinés à la constitution de semences, le gouvernement du Sénégal a exprimé sa volonté de se retirer, dans deux ans au maximum, de la filière de l’arachide, principal produit d’exportation du pays. Il fera place à une « responsabilisation progressive » des paysans, dans tout le processus, allant de la production à la commercialisation de ce produit agricole. La décision de libéraliser l’exportation de l’arachide vise à offrir aux paysans sénégalais, de nouveaux débouchés pour leurs récoltes d’arachide. Elle entre dans le cadre du Programme national de développement agricole, et de la libéralisation de l’économie du pays.
Le Sénégal a enregistré cette année une production record de plus d’un million de tonnes d’arachide contre 731 209 tonnes l’année dernière, soit une augmentation de 41,2%. Selon Ismaïla Diop, directeur de cabinet du ministre sénégalais du Commerce, le processus d’exportation d’arachide a été entamé depuis 1994, avec l’adoption d’un décret en ce sens.

Création d’un syndicat de paysans
Pour Fatou Gaye Sarr, ministre de l’Agriculture, en se retirant du secteur de l’arachide, le gouvernement accompagnera le nouveau système de responsabilisation des paysans, qui est en train de se mettre en place, jusqu’à l’aboutissement du processus de création d’un syndicat de paysans. Ce syndicat prendra le rôle de l’Etat, a-t-elle souligné dans une communication au Conseil économique et social, mercredi 21 avril. Jusqu’ici, l’Etat est présent dans la production arachidière à travers des subventions pour les intrants, comme les engrais, les semences, le matériel agricole, et la fixation des prix de l’arachide avec les huileries. Toutes ces activités seront reprises par le futur syndicat des paysans, pasteurs et pêcheurs en cours de création. Il se chargera aussi de négocier les prix avec les opérateurs, de signer des contrats, etc. La ministre de l’Agriculture a rappelé que l’Etat n’a pas la vocation d’acheter les productions agricoles. Cette tâche incombe aux chambres consulaires qui doivent s’atteler à l’encadrement des opérateurs et des producteurs, a enfin précisé Fatou Gaye Sarr.

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