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Marges des grandes surfaces Le gouvernement lance une « brigade de contrôle »

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Le gouvernement semble décidé à y voir plus clair dans les marges pratiquées par les grandes surfaces. La direction de la concurrence (DGCCRF) va recevoir la mission d’intensifier ses contrôles. Une « brigade » sera mise sur pied avec un correspondant au sein de chaque département pour recevoir les doléances de tout fournisseur des grandes surfaces, dont les agriculteurs. Un bilan de la loi de modernisation de l’économie (LME) qui avait libéralisé les relations commerciales sera réalisé. A l’origine de ce dispositif, l’opération de blocage de plates-formes de distribution, démarrée le 11 juin s’est terminée au vu de ces annonces le samedi 13. Elles ont été confirmées le 17 juin dans une rencontre pourtant décevante car seule la FCD représentait les grandes surfaces de dstribution.

À la demande des organisations agricoles et à l’occasion d’une rencontre le 13 juin, le gouvernement a décidé de renforcer les capacités de contrôle des lois commerciales au sein des grandes surfaces. Une « brigade de contrôle » va être mise sur pied en réaffectant une partie des effectifs de la DGCCRF (Direction de la concurrence et de la répression des fraudes). les effectifs dédiés aux contrôles des relations commerciales passeront de 80 à 120 agents. Leur mission : vérifier l’absence d’abus dans les relations commerciales celles-ci ayant été libérées l’an dernier par la loi sur la modernisation de l’économie (LME). La brigade nommera un interlocuteur dans chaque département pour recueillir les doléances de tout fournisseur des grandes surfaces qui pourront ainsi être à l’origine de contrôles renforcés. Depuis la loi LME, les agents de l’État ont déjà des pouvoirs accrus de contrôle et de sanction.

Expertise contradictoire
Une évaluation de cette loi a aussi été prévue et devait faire l’objet d’une rencontre mercredi 17 juin, sous la houlette de Christine Lagarde, la ministre de l’Economie. Convoquées, les grandes surfaces étaient censées s’engager à faire toute la lumière sur leurs marges. C’est en tout cas ce que les syndicalistes agricoles entendaient demander. Dans une interview au Figaro du 15 juin, le distributeur Michel-Edouard Leclerc affirmait que les marges brutes sur les produits agricoles se situent entre 27 % et 30 %, confirmant pour partie les informations diffusées par les syndicats agricoles. Néanmoins, Luc Chatel, secrétaire d’État à la Consommation, a affirmé que le gouvernement allait mettre en place une « expertise contradictoire et indépendante pour s’assurer de la validité des données transmises ». Le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, avait tenu des propos très durs à l’égard des grandes surfaces, estimant qu’à propos de la transparence des marges « on est loin du compte ». Enfin, le dispositif prévu par le gouvernement prévoit aussi la demande auprès de Bruxelles de pouvoir généraliser l’obligation de l’origine nationale des produits. Une possibilité qui existe déjà pour la viande de bœuf par exemple. Enfin, la future loi sur l’agriculture devrait prévoir les moyens de renforcer le rôle des interprofessions vis-à-vis des grandes centrales de distribution.
« Le gouvernement, gendarme des relations commerciales ! »
« Le gouvernement décide enfin d’être le gendarme des relations commerciales ! », a lancé le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer à l’issue de la rencontre le 13 juin, accompagné de William Villeneuve (JA), avec Luc Chatel et Michel Barnier. Le dispositif annoncé par les responsables de la consommation et de l’agriculture au gouvernement a semblé porter ses fruits. Dans la soirée de samedi, la quasi-totalité des blocages de centrales ont été levés. « Le gouvernement a compris ce qui se passe sur le terrain », expliquait Jean-Michel Lemétayer. « S’il n’y a pas d’actes, on sera capable d’y revenir et plus fort », déclarait toutefois William Villeneuve. La FNSEA laissait aux responsables syndicaux des départements, la responsabilité de lever ou non les blocages « au vu des engagements pris ». Néanmoins, ces blocages étaient levés rapidement, quelques manifestations sporadiques se prolongeant les deux jours suivants.

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