Les ministres Didier Guillaume (Agriculture) et Annick Girardin (Outre-Mer) ont confirmé le 18 juillet le maintien des aides nationales aux filières canne-sucre d’outre-mer, qu’ils conditionnent à une réflexion sur le modèle agricole existant. L’aide de 38 M€/an, liée à la fin des quotas en 2017, « viendra compléter, dans le cadre du programme Poséi France financé par l’UE, le soutien annuel de 69,2 M€ dont bénéficie la filière (…) et les aides nationales d'un montant de 86,4 M€/an allouées en complément », selon un communiqué. Les planteurs de cannes et parlementaires des territoires concernés se sont mobilisés depuis plusieurs semaines afin d'obtenir le maintien de cette aide, qui avait été accordée en 2017 pour trois ans.
« Nous allons maintenir l'aide de 38 M€ (28 pour La Réunion, 10 pour la Guadeloupe) dans le budget 2020 », a déclaré Didier Guillaume, en conférence de presse, évoquant une « aide vitale » pour la filière « qui traverse une crise mondiale avec des problèmes de surproduction et d'effondrements des cours ». Les ministres demandent aux acteurs de la filière de « s’engager à bâtir, en lien avec les autres filières agricoles et les élus des collectivités, un modèle agricole qui permette de relever les défis climatiques et sociétaux ». Réflexion qui doit aboutir « en juillet 2020 » à des propositions sur la montée en gamme, la valorisation de l'origine ultramarine, le renforcement de la bio, la transition vers la canne énergie et le développement de nouvelles filières pour s’affranchir notamment des importations d’aliment du bétail, d’après le communiqué. Plus largement, Didier Guillaume a insisté sur la nécessité de « diversifier les filières agricoles ultramarines », pour « aller vers l'autosuffisance alimentaire ».
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La reconduction de cette aide devra être notifiée à Bruxelles, a expliqué le député européen Stéphane Bijoux (LREM), présent à la conférence de presse. « Nous allons veiller à ce que les institutions européennes respectent les spécificités de l'agriculture ultramarine », au moment où la Commission envisage de baisser le Posei, a-t-il ajouté. La filière canne-sucre à La Réunion et en Guadeloupe représente près de 250 000 t de sucre par an.
Une réflexion ouverte sur l’avenir de la filière