Après avoir décidé de mettre en place des quotas à l’importation dans le secteur de la viande à partir d’avril, la Russie se prépare-t-elle à limiter ses importations de produits laitiers ? Cette éventualité a été évoquée par le vice-ministre russe de l’Agriculture, Sergueï Dankvert.
Une crise est sur le point d’éclater en Russie dans le secteur laitier à cause des livraisons subventionnées des pays tiers qui réduisent fortement les marges des fabricants russes, a indiqué Sergueï Dankvert lors du récent congrès de l’Union laitière russe. Pour faire face à ce problème, le vice-ministre de l’Agriculture s’est prononcé en faveur de l’introduction de quotas à l’importation sur les produits laitiers et de la fixation d’un prix minimum d’achat pour le lait. « Aujourd’hui, a-t-il indiqué, l’État doit prendre une initiative pour régulariser le marché. Il n’est pas possible d’espérer un développement du marché laitier de manière efficace sans une intervention de l’État ».
Quotas sur les viandes : réactions mesurées de l’UE et de l’OMC
En ce qui concerne les quotas sur les viandes, c’est en des termes très mesurés que la Commission européenne a réagi à la décision de la Russie de prendre des mesures de restriction aux importations de viande. La Commission reproche surtout à la Russie de ne pas avoir consulté l’UE avant de prendre de telles mesures. Cette attitude est jugée contraire à l’esprit de l’accord d’association et de partenariat conclu entre l’Union et la Russie. L’OMC elle-même n’a pas jugé ces quotas contraires aux pratiques déjà admises en ce domaine.
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Les quotas seront introduits pour une période de neuf mois : à partir du 1er avril, ils limiteront les importations de viande de bœuf à 315 000 tonnes et celles de viande de porc à 337 500 tonnes. Les quotas sur la volaille seront introduits à partir du 20 avril et porteront sur 744 000 tonnes, selon le ministre russe de l’Agriculture, Alexeï Gordeïev.
Ces quotas sont indispensables pour permettre le rétablissement du secteur de l’élevage en Russie, a-t-il déclaré le 5 février au cours d’une conférence de presse. Aujourd’hui un kilogramme de viande consommée en Russie sur trois provient de l’importation, a noté M. Gordeïv. Le ministre de l’Agriculture estime que l’importation en masse de viande étrangère à bas prix issue de l’élevage intensif empêche la reconstitution du secteur de l’élevage en Russie.