Avec la crise du coronavirus, certains, au Parlement européen notamment, estiment que les objectifs climatiques et environnementaux de la Commission européenne (notamment dans le cadre de la stratégie « de la fourche à la fourchette ») devraient être reportés voire revus à la baisse. Mais la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, assure que le Green deal européen reste un des éléments fondamentaux pour une relance.
En pleine crise du coronavirus, et alors que les divisions entre Européens du Nord et du Sud se sont confirmées sur le niveau d’ambition de la riposte économique et budgétaire à déployer face à la pandémie, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a assuré que le Green deal européen et la transformation numérique demeurent des éléments fondamentaux pour une relance et des investissements intelligents. Il n’y a donc pas, selon elle, de « contradiction » entre les moyens financiers utiles pour sortir de la crise du Covid-19 et la poursuite des priorités de l’UE affichées avant la pandémie. L’exécutif européen a d’ailleurs lancé le 31 mars une consultation publique sur l’augmentation de l’objectif climatique de l’UE pour 2030 (voir encadré).
Mais ce n’est pas l’avis de tous. Le groupe démocrate-chrétien (PPE) au Parlement européen demande dans un communiqué du 27 mars un nouveau report « au moins jusqu’après l’été » du lancement de la stratégie européenne « de la fourche à la fourchette » normalement attendue pour le 29 avril. « Ce n’est certainement pas le bon moment pour imposer des règles supplémentaires aux agriculteurs », alors que « nous sommes confrontés à la plus grande crise que le secteur agricole ait connue depuis des décennies », prévient Herbert Dorfmann, porte-parole du groupe PPE pour l’agriculture. Et le groupe conservateur du Parlement va plus loin en estimant qu’il faudrait « restructurer radicalement » la proposition de la Commission pour que l’argent affecté à la politique climatique soit mobilisé pour faire face à la pandémie de coronavirus.
Les ONG maintiennent leur pression
Dans une lettre adressée au vice-président de la Commission européenne en charge du Green deal, Frans Timmermans, 87 ONG européennes (dont Pollinis, WWF, Slow food, Générations futures, France nature environnement…) demandent, au contraire, une nouvelle fois une transition agricole dans le cadre du Green Deal « ambitieuse pour éviter la catastrophe à laquelle nous sommes confrontés, et répondre aux attentes des citoyens et des agriculteurs ». Les signataires appellent la Commission européenne à inclure sans attendre les objectifs de l’initiative citoyenne « Sauver les abeilles et les agriculteurs » dans les stratégies notamment : l’élimination progressive des pesticides de synthèse d’ici 2035, des objectifs ambitieux pour restaurer la biodiversité, des soutiens dans le cadre de la Pac aux agriculteurs pour accompagner leur transition vers une agriculture respectueuse de la nature.
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Les derniers arbitrages politiques de la Commission européenne pour la stratégie « de la fourche à la fourchette », notamment l’objectif de réduction des risques liés à l’usage des produits phytosanitaires qui reste à fixer, sont attendus dans les prochaines semaines (1).
(1) Voir n° 3735 du 30/03/2020
Objectif climatique 2030 : Bruxelles consulte
« Si la Commission se concentre dans l’immédiat sur la lutte contre le coronavirus, nous poursuivons nos travaux préparatoires sur les priorités politiques à long terme, notamment le Green Deal européen », affirme l’exécutif européen qui a lancé le 31 mars (pour 12 semaines jusqu’au 23 juin) une consultation publique en ligne sur l’augmentation de l’objectif climatique de l’UE pour 2030 et sur les actions et politiques nécessaires pour parvenir à des réductions plus importantes des émissions de gaz à effet de serre. Il s’agit de porter l’objectif climatique de l’UE pour 2030 à au moins -50 % voire -55 % par rapport aux niveaux d’émission de 1990 (contre un objectif actuel de -40 %). Le nouvel objectif fixé pour 2030 entraînera l’évaluation par la Commission de toute la législation sectorielle pertinente d’ici l’été 2021, notamment sur les énergies renouvelables et la répartition de l’effort.