Le groupe de Cairns est monté au créneau le 28 janvier à Genève pour réclamer la fin des subventions à l’exportation dans le secteur laitier que la Commission européenne a réactivé le 22 janvier . « Accroître les mesures de distorsions commerciales et de protectionnisme en période de crise est lourd de conséquence », indique-t-il.
Les ambassadeurs du groupe de Cairns (19 pays exportateurs agricoles comprenant notamment l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Brésil) à l’OMC ont fait circuler le 28 janvier un communiqué très critique à l’égard de la politique laitière européenne. Réintroduire les subventions à l’exportation dans le climat actuel revient, selon eux, à pousser artificiellement les prix internationaux à la baisse et à prolonger la tendance baissière. « Les efforts de l’UE pour mettre ses producteurs à l’abri des forces du marché sont déloyaux », affirment les pays du groupe de Cairn. « Il est particulièrement préoccupant, poursuivent-ils, que de nombreux exploitants de pays développés, qui ne disposent pas de la possibilité de s’engager dans une guerre des subventions, aient à supporter ce regain de distorsions sur les marchés mondiaux. »
Répondre à une crise ponctuelle
Lors de la réintroduction des aides à l’exportation, le 22 janvier dernier, la Commission européenne avait indiqué que l’UE avait pris une décision conforme aux engagements de l’UE à l’OMC aux termes desquels les exportations subventionnées peuvent s’élever annuellement (début juillet à fin juin) jusqu’à 411 000 tonnes pour le beurre dans la limite d’une aide globale de 945 millions d’euros, 323 000 tonnes pour le lait écrémé en poudre (298 millions d’euros),
331 000 tonnes pour les fromages (345 millions d’euros) et 1 million de tonnes pour les autres produits laitiers (724 millions d’euros).
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Pour Bruxelles, le retour des restitutions est la réponse à une crise ponctuelle de marché due notamment à la forte dégradation de la position européenne sur le marché mondial. Alors que la production européenne n’augmente pas depuis le début de la campagne laitière 2008/09, les livraisons des autres grands pays fournisseurs (Nouvelle-Zélande, Etats-Unis, Argentine, Brésil) sont en augmentation, fait-on valoir à la Commission. Ce surplus de production vient encombrer le marché mondial, qui est très peu porteur, ce qui ne facilite pas la tâche des Européens pour écouler leurs produits. La crise du crédit pénalise aussi le négoce sur certaines destinations, en particulier sur le marché russe qui est habituellement le plus porteur.
A ces difficultés s’ajoute la baisse de la consommation dans l’UE, en particulier sur les produits frais, résultant de la forte hausse des prix au détail.