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Investissement Le groupe Popy a triplé son chiffre d’affaires en trois ans

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Avec le rachat de la société familiale Gilbert Lemelle, après celui d’Amand-Bianic en juin 2017, le groupe Popy a conforté sa place de leader sur le marché de l’andouille et l’andouillette. Avec 13 marques et 10 sites de production, le nouvel ensemble devrait peser plus de 90 M€ de chiffre d’affaires en 2018, contre 6 M€ en 2000.

En une petite vingtaine d’années depuis sa création, le fabricant de charcuteries Popy a changé de dimension. A coup d’acquisitions, son fondateur et président Laurent Jolivet a en effet constitué un leader sur le marché de l’andouille et l’andouillette, dont le chiffre d’affaires a triplé en trois ans. Ingénieur agro de formation et diplômé de l’Essec, ce dernier a fait l’essentiel de sa carrière à des postes financiers, avant de racheter une entreprise de charcuterie industrielle en 2000. "Une société de 35 personnes qui réalisait un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros à l’époque", se souvient Laurent Jolivet. Avec le dernier rachat, celui de la société familiale Gilbert Lemelle annoncé ce mois-ci, le nouvel ensemble devrait peser plus de 90 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018 (contre environ 63 millions en 2018 pour le seul groupe Popy). "Nos activités sont très complémentaires de celles de Gilbert Lemelle", tant géographiquement que par un portefeuille produit qui valorise bien celui de Popy. Ce nouvel ensemble est constitué de 13 marques (Popy, Bernaudeau, La Champenoise, Chedeville, Duval, Amand Terroir, Amand Traiteur, Rivalain, Paul Danjou, Jannaire, Gilbert Lemelle, Charles Keller et Père Isidore) sur 10 sites de production en France.

Maintien des sites en région pour les appelations

"Au fil des opérations de croissance externe réalisées ces dernières années, essentiellement des concurrents, j’ai toujours gardé les sites et les salariés qui vont avec", explique Laurent Jolivet, parfois contre l’avis de ses banquiers. Il en sera de même avec la société Gilbert Lemelle. "Ce qui compte dans nos métiers, ce sont les recettes, les acquis de compétences et le savoir-faire qu’aucune machine ne peut remplacer. Et puis avec les appellations géographiques, impossible de déplacer un site de sa région, ajoute-t-il. Seuls les postes achats, logistiques, RH, informatiques ou encore marketing…" sont généralement concernés par les rationalisations.

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Le rachat de Gilbert Lemelle dont le montant n’est pas dévoilé "est financé par prêts bancaires auprès de Bpifrance, Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne, Crédit Agricole de Normandie et LCL", précise Laurent Jolivet. CM-CIC qui était déjà intervenu en tant que conseil lors de l’acquisition d’Amand-Bianic en juin 2017, une opération qui avait entrainé un doublement du chiffre d’affaires par rapport à 2016, a également conseillé le dirigeant dans le rachat de Gilbert Lemelle. Après ces deux grosses opérations, "nous allons calmer le jeu sur la croissance externe, tout au moins pour les transactions d’une certaine taille, pour prendre le temps de l’intégration".

Détenu conjointement avec des fonds d’investissement jusqu’en 2008, le capital de Popy, est maintenant à 100 % entre les mains du fondateur, père de quatre enfants. Son fils Alexandre, qui a fait ses premières armes chez Natixis après ses études, a rejoint l’entreprise il y a trois ans.