Syndilait veut redorer l'image du lait de consommation et encourager l'achat citoyen avec le logo « lait collecté et conditionné en France ». Alors que la consommation a baissé de 70 millions de litres en 2014 et que les importations ont enregistré une très forte hausse en fin d'année (16 millions de litres supplémentaires sur les mois de septembre à novembre), la filière craint pour sa survie.
Annoncé en octobre dernier, le label « lait collecté et conditionné en France » devrait faire son apparition dans les rayons au cours des semaines qui viennent. La démarche vise à soutenir la production française, mise à mal par une consommation déclinante (un phénomène déjà ancien), par la guerre des prix et par l'afflux croissant de laits d'importation. Syndilait espère que 50 % des laits français porteront bientôt le label « lait collecté et conditionné en France » et qu'il permettra de revaloriser un produit très banalisé aux yeux du consommateur (44% des Français pensent que le lait vient non seulement de France mais également de pays européens non frontaliers selon des données CSA de décembre 2014). Au niveau des marques distributeur, Carrefour, Système U, Intermarché et Cora ont d'ores et déjà donné leur accord pour apposer le logo.
LES IMPORTATIONS SIGNENT L'APPROCHE DE LA FIN DES QUOTAS
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Si l'année 2014 dans son ensemble n'a pas été complètement mauvaise pour la filière du lait de consommation (voir plus bas), Syndilait analyse la forte hausse des importations enregistrée à la fin de l'année comme structurelle à l'approche de la fin des quotas. « Le marché en GMS pèse 2,7 milliards de litres, auxquels on peut ajouter environ 300 millions de litres en RHF. La consommation a décliné de 2,9 % en volume, soit environ 70 millions de litres en 2014. Et les importations ont bondi de près de 40 % sur les trois derniers mois de l'année, soit 16 millions de litres supplémentaires importés. Nous pensons que cette tendance est structurelle, ce qui correspond environ à 65 millions de litres supplémentaires importés sur un an », résume Giampaolo Schiratti, président de Syndilait et directeur général de Candia (Sodiaal).
Ces grandes masses donnent une idée de la gravité de la situation pour la filière, qui compte une quinzaine d'entreprises opérant une trentaine de laiteries, d'une capacité de 100 à 500 millions de litres. Au global, les laiteries françaises ont diminué leurs fabrications de lait UHT de 4,4 % en 2014, à 3,2 milliards de litres, soit un niveau inférieur à celui de 2012, selon FranceAgrimer (1). La tendance est préoccupante pour une filière qui chiffre à 24 000 le nombre d'emplois qu'elle génère, dont 6 000 directs. Si les exportations ont globalement augmenté de 3,8 %, 937 millions de litres, c'est grâce à la forte progression du vrac, le lait conditionné ayant cédé 2,6 % sur l'année (chiffres douanes françaises dans Bilan 2014 Perspectives 2015 des filières animales terrestres et aquatiques publié par FranceAgriMer le 6 février 2015). Quant aux importations, elles ont reculé de 1,1 % sur l'année, mais bondi de 38,4 % sur les mois de septembre à novembre 2014, par rapport à la même période l'année précédente, souligne Syndilait. A noter, 97 % des laits importés en France proviennent de Belgique et d'Allemagne.