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Qualité Le Label rouge, à 50 ans, doit lutter pour rester premier dans sa catégorie

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Le Label rouge a fêté ses 50 ans le 2 décembre à Paris alors que ses ventes ont plutôt tendance à ralentir depuis quelques années. Les professionnels, stimulés par les distributeurs, entament une réflexion au sein d’une commission de l’Institut de la qualité et de l’origine (INAO) sur ce qui doit caractériser la qualité supérieure des produits Label rouge.

Nés dans les années 60, les labels ont d’abord servi à faire la différence entre les volailles élevées selon les méthodes traditionnelles et celles produites en batterie qu’on accusait alors d’avoir un goût de poisson, a rappelé la Fédération Label rouge, IG et STG (FédéLIS), organisateur de l’événement. Le Label a connu de belles heures dans cette filière puisqu’en 2000, 55% des poulets prêts à cuire (PAC) vendus en France portaient le Label rouge. Un contrecoup probable de la deuxième crise de l’ESB qui entraînait des reports de consommations du bœuf vers la volaille. Au fil des ans, de nombreuses productions ont choisi ce label pour se différencier. Aujourd’hui, le Label rouge distingue des viandes de bœuf, porc et agneau, charcuteries, œufs, fruits et légumes, farines et pains, miels, condiments, produits élaborés, produits laitiers, produits aquacoles et même un gazon, des semences et des plants.
Avec une production de 400 000 tonnes, les produits sous Label rouge réalisent un chiffre d’affaires de 1,3 milliard d’euros et permettent à une multitude de petits producteurs de se maintenir sur le territoire en pérennisant des savoir-faire de qualité.

Des années difficiles pour les volailles et la charcuterie

Mais l’analyse économique montre que dans les filières les plus importantes, le label a besoin d’être redynamisé. Les productions ont tendance à baisser, sans doute concurrencées par d’autres signes de qualité (IGP, CCP, AB) et la montée en gamme des produits standards.
La volaille, première production en volume et chiffre d’affaires, a connu quelques années difficiles, selon les chiffres du Synalaf (interprofession de la volaille sous label). Les labellisations de volailles en 2009 ont concerné près de 104 millions de têtes, elles étaient en hausse de 2,8% par rapport à 2008 mais en baisse par rapport au début de la décennie (près de 115 millions de têtes labéllisées). En 2005, 2006 et 2008 (après une hausse de 7% en 2007), la production sous label reculait de 5%. Le prix du poulet Pac labéllisé s’effritait de 1,5% en 2009 par rapport à 2008 (pour comparaison, le prix du poulet Pac standard a baissé de 2,4%).
Autre produit phare : les charcuteries. Là encore, la tendance est au retrait. Les tonnages de charcuteries Label rouge produits ont baissé entre 2008 et 2009 de 14,24% à 10 191 tonnes (0,7% des volumes de la charcuterie française) pour un chiffre d’affaires de presque 80 millions d’euros. Les œufs en revanche continuent à prendre des parts de marché. Les autres productions, plus marginales, connaissent des résultats divers.

Caractériser la qualité par des analyses sensorielles

Ces observations permettent de comprendre les commentaires du distributeur Casino présent le 2 décembre. « Il faut que le Label rouge garde son avance par rapport aux produits standards qui ont monté en gamme », a estimé Claude Risac, représentant le groupe Casino. Il a évoqué, à titre d’exemple, une alimentation à base de graines de lin pour produire une viande plus riche en omégas 3. Il a également demandé que « le Label rouge continue à communiquer avec une certaine unicité » et notamment « sur le goût », une qualité unanimement appréciée des consommateurs français et qui permet une différenciation.
« L’INAO et les professionnels sont conscients de la nécessité absolue pour le Label rouge d’être le premier dans sa catégorie. Une commission de l’Institut national de la qualité et de l’origine travaille à revoir la caractérisation de la qualité supérieure. La différence avec les produits standards devra être prouvée par analyses sensorielles et tous moyens recherchés pour caractériser et suivre le goût. Si le produit standard bouge, le label doit faire quand même la différence et monter en gamme », a expliqué Nathalie Vucher, productrice d’Herbes de Provence Label rouge et membre de l’INAO.

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