À l'occasion de l'assemblée générale de Syndilait-IPLC, les responsables ont fait le point sur les défauts et les atouts du lait de consommation, dont le recul des ventes s'est poursuivi en 2013.
LES années se suivent et se ressemblent. C'est le constat qui ressort à la vue des chiffres publiés par Syndilait-IPLC à l'occasion de son assemblée générale réunie le 10 avril. Ainsi, avec 3,6 milliards de litres de lait conditionnés en 2013, soit 10 % de la collecte nationale par une trentaine de laiteries, le lait de consommation, avec un recul des ventes de 2,5 % en GMS, poursuit en 2103 un mouvement amorcé il y a une vingtaine d'années. Une baisse du marché français qui « n'est pas inéluctable », selon Giampaolo Schiratti, le président de Syndilait, qui a mis l'accent sur certains éléments positifs, sur lesquels la filière pourrait s'appuyer pour faire levier et donc inverser cette tendance négative. Reconnu pour ses qualités nutritionnelles et naturelles, le lait est pourtant perçu en France comme un produit banal. De fait, les prix ont certes augmenté de 2 % en 2013, mais pour atteindre 0,84 centime en moyenne et sachant que « 85 % des laits écrémés sont vendus au-dessous de 0,80 centime », souligne Anne Sophie Royant, secrétaire générale de Syndilait, ce qui n'est pas tenable.
LE LAIT, UN PRODUIT DE LUXE POUR LES CHINOIS
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Le lait de consommation souffre également vers l'Europe (-3,6%), l'Italie, l'Espagne et le Portugal restant pourtant ses principales destinations à l'export. En Chine en revanche, le lait français est considéré comme un produit de luxe, en raison notamment de ses qualités sanitaires. Il connaît toujours un fort engouement, avec une hausse de 113,5 % des exportations entre 2012 et 2013. L'autre point positif mis en avant par les responsables de Syndilait, est le marché du drive, un segment qui a continué à monter en 2013 et qui représente désormais 4,5 % des ventes du secteur. Emmanuel Vasseneix, président de l'Institut professionnel du lait de consommation (IPLC), à qui revenait le mot de la fin, a insisté sur le paradoxe qui existe entre « l'excellence agricole et alimentaire de la France et la mauvaise santé de la filière ». Il a évoqué « plusieurs pistes à explorer de manière collective pour redorer le blason de cette filière », afin que le consommateur réalise aussi qu'« acheter du lait à quelques centimes tue la filière ». Dans l'immédiat, l'industrie laitière a décidé de participer à la Journée Mondiale du Lait du 1er juin. À cette occasion, les laiteries françaises ouvriront leurs portes aux consommateurs, du 28 mai au 14 juin. Un bon moyen, selon Syndilait, de découvrir la filière du lait de consommation qui a « la particularité de proposer une très large variété de produits sur le marché ».