Abonné

Maladies à prion Le lait de plusieurs troupeaux ovins et caprins retiré de la consommation

- - 3 min

La France vient de décider d’exclure de la consommation les laits et produits laitiers issus de certains troupeaux ovins et caprins situés sur son territoire. Une mesure qui intervient après la publication de deux avis des agences sanitaires européenne (Efsa) et française (Afssa) faisant état de la transmission, par le lait de brebis, de la tremblante à des agneaux.

La France a renforcé le 6 novembre les mesures sanitaires entourant la tremblante ovine en suivant les recommandations formulées le jour même par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa). Le gouvernement étend ainsi au lait et aux produits laitiers l’interdiction de mise à la consommation qui ne touchait jusqu’ici que les animaux malades et les animaux sensibles issus de cheptels atteints de la tremblante classique. Désormais, les laits et produits laitiers des troupeaux suspects ou atteints se voient retirés du marché. Moins de 10 troupeaux sur plus de 10 000 troupeaux laitiers ovins et caprins français sont concernés au cours du premier semestre 2008, précisent les ministères de l’Agriculture, de la Santé et de l’Economie dans un communiqué commun. La mesure d’interdiction touche également l’alimentation animale « afin d’éviter la transmission de la tremblante ». Des mesures d’indemnisation des éleveurs concernés sont en préparation.

Les pouvoirs publics n’ont pas suivi toutes les recommandations de l’Afssa : celle recommandant de limiter les échanges de lait entre troupeaux, à des fins d’alimentation animale, a pour l’heure été écartée par les pouvoirs publics dans l’attente des résultats d’une expertise complémentaire demandée à l’agence.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

sécurité sanitaire
Suivi
Suivre

Incertitudes scientifiques

Si la transmission de la tremblante classique à l’homme n’a jusqu’ici jamais été mise en évidence, les scientifiques redoutent que certains cas de tremblante atypiques ne masquent chez les petits ruminants une variante de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) potentiellement dangereuse pour l’homme.

Le groupe scientifique de l’EFSA sur les risques biologiques (Biohaz) note qu’en ce qui concerne les brebis et les chèvres, « aucune information disponible actuellement ne permet de dire si les agents de la tremblante atypique et de l’ESB se retrouvent ou non dans le lait des animaux infectés. A ce jour, on n’a observé qu’un seul cas d’encéphalopathie spongiforme bovine d’origine naturelle chez une chèvre et aucun chez les brebis ». Les experts européens recommandent de réaliser de plus amples études afin d’évaluer le risque d’exposition via le lait. Les avis de l’Efsa (www efsa. europa. eu) et de l’Afssa (www. afssa. fr) sont consultables sur internet.