> Parti d'une ferme presque comme une autre, Michael Ehmann est aujourd'hui à la tête de Nataïs, une PME florissante, qui a su s'engouffrer dans un marché de niche, celui du pop-corn, en ne lésinant jamais sur l'innovation pour se développer. Entre 12 et 15 M€ vont être investis dans les 5 prochaines années.
PRODUIRE du pop-corn dans le Gers. L'idée peut paraître saugrenue, mais c'est loin d'être une farce pour Michael Ehmann et son entreprise, Nataïs. Avec 135 salariés, 42 M€ de chiffres d'affaires c'est bel et bien une entreprise florissante qui se prépare à investir plus de 12 millions d'euros dans les cinq prochaines années pour assurer sa croissance. « Nous sommes originaires d'Allemagne, mais mon père avait acheté une ferme dans le Gers au tout début des années 80. Pour ma part, je me suis installé ici en 1989, pour opérer une diversification en produisant du maïs à éclater. Pour produire du maïs à pop-corn. En 1994 à la création de l'entreprise, nous étions alors les premiers en Europe à produire du pop-corn ». La suite s'écrit d'innovations en développements. En 1997, l'entreprise développe le pop-corn microondable. Aujourd'hui, Nataïs produit chaque année 30 000 tonnes en France et 15 000 dans sa filiale en Afrique du sud. « Nous avons opté pour cette solution en premier lieu pour sécuriser nos approvisionnements, mais aussi pour profiter de la contresaison. Aujourd'hui, c'est aussi depuis l'Afrique du sud que nous travaillons le grand export, parce que c'est plus rentable. Ici et sur le marché européen, nous sommes compétitifs grâce à nos compétences et notre productivité. Pour aller sur les marchés lointains, la logistique nous coûte trop cher depuis l'Europe, surtout pour vendre du vrac », ajoute Michael Ehmann.
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L'entreprise exporte 90 % de sa production en Europe, avec la particularité de ne pas avoir développé de marque propre. « Dans chaque pays nous travaillons ainsi en cobranding, avec Menguy's en France par exemple. Il aurait été irréaliste pour nous de développer la logistique dont nous aurions eu besoin pour une marque. » Ces cobranding représentent 50 % des ventes, le reste étant commercialisé en discount ou en MDD. « Nous commercialisons aujourd'hui 145 millions de sachets et nous aimerions atteindre 200 millions. C'est pour cela que nous investissons pour passer de 30 000 à 40 000 tonnes de production en France. » La marge est là, le marché mondial est estimé à 1 million de tonnes par an. La filière est aujourd'hui abondée par 240 producteurs tous situés dans le Sud-Ouest, dans un rayon de 150 kilomètres autour de l'usine. Des producteurs avec qui Nataïs noue des relations étroites et fournit notamment le suivi agronomique, l'aide à l'irrigation… Le programme d'investissement devrait donc permettre à l'entreprise gersoise d'atteindre ses objectifs. « Les 12 à 15 millions d'euros que nous prévoyons d'investir d'ici 2019 seront dédiés à la construction de stockages, à l'ajout d'une nouvelle ligne de conditionnement, et à l'amélioration de l'infrastructure de notre usine. » Il faudra en plus 600 hectares de culture supplémentaires pour fournir ces ambitions et mieux répondre à un marché très hétérogène. Quand en France nous mangeons le pop-corn sucré, comme en Allemagne, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas et au Portugal, il se consomme salé dans le reste du monde. Au beurre et salé aux USA, aromatisé au fromage, bacon… comme les préparations extrudées, en Europe centrale.