Le libre-échange n’a pas été à la fête à Buenos Aires. Les ministres des pays membres de l’OMC y ont enregistré un échec patent – en tout cas total sur les questions agricoles. Tandis que l’UE et le Mercosur, qui auraient souhaité pouvoir y annoncer une avancée déterminante dans leurs négociations commerciales, ont buté sur les dossiers délicats, l’accès au marché pour les produits agricoles sensibles notamment, et dû se fixer un nouveau rendez-vous en janvier. Cette absence de résultats dans la capitale argentine ne fait toutefois pas que des malheureux. Donald Trump doit même être content de lui, son administration ayant soigneusement miné les travaux de l’organisation mondiale. Quant aux pourparlers entre l’Union et le bloc sud-américain, le fait qu’ils n’aient pas abouti cette fois-ci rassure temporairement les agriculteurs européens. Ceux-ci redoutent des arrivages à bas prix de viande – dont l’état sanitaire risque d’être de plus préoccupant –, d’éthanol, de sucre et autres. Mais, de toute évidence, eux et leurs soutiens politiques ont réussi à calmer, pour l’instant du moins, les ardeurs des négociateurs de la Commission de Bruxelles qui ne se sont pas lancés à faire encore plus de concessions que celles prévues, d’autant qu’ils devaient encore évaluer précisément l’offre améliorée de leurs interlocuteurs. D’autres sont, en revanche, dépités. Car, selon eux, il faut profiter des tendances du président américain à jouer tout seul et contre tous pour développer des accords commerciaux régionaux à la barbe des États-Unis. C’est pour cela que, à la veille des réunions à Buenos Aires, Bruxelles a fait grand cas de la finalisation de l’accord de libre-échange avec le Japon qui avait été conclu sur le principe en juillet.
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