Les quatre groupes de travail qui réfléchissent, à la demande du Premier ministre, aux questions de santé en lien avec la consommation de vin, ne remettront pas avant fin juin leur "livre blanc". Si toutes les parties prenantes au dossier ne se sont pas exprimées, la filière viticole a déjà formulé ses revendications et engagements.
Le 9 juin, même si leurs auditions ne sont pas achevées, les quatre groupes qui travaillent sur les questions du vin dans la société (chargés des questions d’éducation, de santé, de communication et de prévention) vont se réunir afin de synthétiser leurs travaux et préparer la rédaction du "livre blanc". Il ne devrait pas être remis à Jean-Pierre Raffarin mi-juin comme prévu mais plutôt fin juin.
« Le livre blanc sera un inventaire des propositions de chacun des acteurs intéressés, professionnels, associations, pouvoirs publics... », précise Alain Suguenot, député de la Côte-d’Or, qui préside un des groupes.
Cependant, les conclusions devront guider le gouvernement dans ses décisions. En amont, les travaux sont l’occasion d’une vraie concertation de l’ensemble des parties prenantes, selon le député. Ce qui a parfois permis de faire évoluer les points de vue.
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Elaborer un programme éducatif
La filière viticole a pris position à travers une charte qui reprend ses revendications et engagements sur les quatre sujets. En matière d’éducation, elle souhaite signer une convention l’engageant dans un programme éducatif formulé en commun avec le ministère de l’Education nationale, demandant en échange que le vin ne soit pas écarté des modules de formation. En matière de santé, elle veut répertorier les études sur le vin et en communiquer les résultats, obtenir une étude sur la morbidité et les comportements à risque liés au vin, participer aux consultations en vue d’élaborer des campagnes d’information et de prévention, continuer à qualifier de modérées et non de faibles les normes OMS de consommation d’alcool (3 verres pour les hommes et 2 pour les femmes). Elle s’engage en contrepartie à réaliser des recherches et expérimentations et «à mettre systématiquement en avant les bienfaits d’une consommation modérée en utilisant les normes OMS».
Elaborer une règle du jeu médiatique
Elle s’engage à mettre en place une action de prévention routière dans les cafés, hôtels et restaurants, à réaliser des actions d’information auprès des femmes enceintes et à intégrer un slogan sur la modération dans toute communication. Mais pas sans pouvoir affirmer la place du vin dans la société en tant que produit culturel et patrimonial, élaborer une règle du jeu médiatique (hors publicité) et régler «le problème de la discrimination à rebours des opérateurs français concernant les retransmissions télévisées». Elle veut encore faciliter les procédures et l’affichage de nouvelles «routes du vin» ; soutenir les exportateurs ; «intégrer le vin dans toute communication sur l’alimentation» et communiquer sur l’image du vin ; adapter certains outils à l’export ; coordonner les actions institutionnelles avec celles des entreprises ; ne pas restreindre la disponibilité du produit à la vente et réaffecter la fiscalité à la qualité. En échange, elle s’engage à soutenir les efforts à l’export, développer le tourisme de terroir et respecter l’environnement.