Marquée par un climat chaud et sec, la récolte de maïs a été historiquement basse avec environ 10 millions de tonnes produites en 2022.
La production de maïs – grain, fourrage, semence et doux –, 2022 a été la plus mauvaise enregistrée depuis 2003. C’est ce qu’a révélé l’association de producteurs Maiz’Europ lors d’une conférence de presse le 5 octobre. Alors que 14 millions de tonnes ont été en moyenne produites ces cinq dernières années, la récolte de maïs grain devrait avoisiner cette année les 10 millions de tonnes. Des rendements « décevants » (79 qx/ha en moyenne nationale contre 97 qx/ha en moyenne quinquennale) et une surface de 1,34 million d’hectares finalement réduite de 70 000 ha par des transferts vers le maïs fourrage résultant des vagues de chaleur, de la sécheresse et du déficit hydrique.
Du côté du maïs semence, le résultat attendu devrait se situer entre 70 et 75 % des objectifs de production. « Je n’ai jamais connu une année aussi mauvaise », s’est désolé Pierre Pagès, président de la FNPSMS (semenciers). La situation est similaire, voire plus dégradée encore dans d’autres pays producteurs, dont la Roumanie et la Hongrie. Les stocks de semences sont désormais très bas, laissant craindre des ruptures d’approvisionnement. Pour la filière, il s’agira de produire davantage en 2023.
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Des prix sous pression dans les mois prochains
Jusqu’à présent, les cours du maïs ont été maintenus, et ce en raison de trois périodes de hausse consécutives. En 2020 après d’importants achats chinois de maïs, en 2021 avec la hausse des matières premières liée à la reprise économique post-Covid et enfin, à partir du printemps 2022 avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie. La concurrence française d’autres céréales (blé, orge) et celle des maïs brésilien et ukrainien, auxquelles s’ajoutent les difficultés des industries liées à la hausse des coûts des productions et la baisse de la consommation des ménages, laisse néanmoins présager une prochaine baisse des cours.
La filière a salué les avancées obtenues, avec notamment la pleine mise en œuvre du règlement Omnibus de la Pac. Ce dernier offre un subventionnement à 70 % des primes d’assurance et un déclenchement à partir de 20 % de pertes auquel s’ajoute la prise en charge par l’État des risques exceptionnels. « Les producteurs auront un dispositif de protection plus efficace », précise la filière. Désormais il faut aller « plus loin et plus vite » concernant l’accès à l’eau. « Produire avec moins d’eau c’est possible et c’est déjà une réalité, mais faire sans est impossible », a conclu Daniel Peyraube, président de l’AGPM.