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Réchauffement climatique Le maïs pourrait profiter de la hausse des températures

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Le réchauffement climatique pourrait bénéficier au maïs, une culture qui n’a cessé de s’adapter. Encore faudra-t-il adapter la précocité des variétés au contexte pédoclimatique et gérer la ressource en eau. Une question largement évoquée lors des Culturales de Boigneville (5-7 juin).

Le plateau lorrain recouvert de céréales jaunes à gros grain, des plaines picardes envahies par des céréales de plusieurs mètres de haut… Pourquoi pas, dans quelques dizaines d’années. Pour le maïs, le réchauffement climatique pourrait se révéler plus favorable que handicapant. « Aujourd’hui, la température est un facteur limitant dans certaines zones », rappelle Josiane Lorgeou, spécialiste du maïs chez Arvalis. La durée du cycle est conditionnée par les températures supérieures à 6 °C et dans certaines régions, la plante ne peut effectuer un cycle complet. Une migration des précocités devrait s’opérer, les variétés très tardives, plus productrices, remontant vers le Nord. « Nous travaillons actuellement avec le sud de l’Europe pour trouver des variétés encore plus tardives que celles dont nous disposons aujourd’hui », signale Josiane Lorgeou. La grande gamme de précocité disponible en maïs devrait faciliter cette recherche… Et permettre à la culture de s’étendre. Dans ces régions où les températures sont aujourd’hui limitantes, le réchauffement climatique devrait améliorer le rendement en grain. Dans les autres, c’est la part de biomasse qui augmenterait. Le maïs a un avantage de plus sur les autres plantes : la hausse de la teneur en CO 2 favorise sa croissance... Vive l’effet de serre, donc !

L’eau déterminante

Mais la disponibilité en eau sera déterminante : « Potentiellement, augmenter la croissance de matière sèche implique de consommer davantage d’eau », signale Josiane Lorgeou. Mieux gérer l’eau d’irrigation en optimisant les apports aux dates clés tout en les limitant le reste du temps pourrait être une solution, au risque d’abaisser légèrement les rendements. Mais le coût de séchage se réduirait, le grain étant moins humide. Ce qui laisserait à l’agriculteur une marge correcte. Des densités de semis plus faibles peuvent aussi avoir un effet positif, en réduisant l’indice foliaire, donc l’évapotranspiration et les besoins en eau. L’implantation sera également déterminante : plus le pivot descendra profondément dans le sol, plus l’alimentation de la plante s’en trouvera faciliter. « Et ne nous privons pas de faire des réserves en hiver ! », estime Josiane Lorgeou.

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Mais concrètement, la prise en compte du changement climatique au quotidien n’a rien d’évident. Les semis de maïs 2007, démarrés sur les chapeaux de roue fin avril, le montrent bien. Début juin, il restait encore 50 000 à 60 000 hectares à implanter dans le Sud-Ouest : impossible pour les producteurs de trouver une fenêtre de quatre jours sans pluie !