Surfaces en baisse, semis étalés, invasions d’insectes en tout genre… le maïs n’est pas à la fête cette année, même si les potentiels restent bons dans certaines zones. L’AGPM prévoit une production en baisse en 2007, au moins en maïs grain. Ce qui ne devrait pas détendre les marchés.
«A 1,4 Mha, les surfaces de maïs grain sont en légère baisse, a remarqué Luc Esprit, directeur de l’AGPM (Association générale des producteurs de maïs), à l’occasion d’une conférence de presse le 19 juillet, à Paris. Les surfaces ont baissé de 30 000 à 35 000 hectares, et il y a également un effet rendement qui ne nous rend pas très optimistes. » L’AGPM table sur une production de 12 Mt en maïs grain, contre 12,35 Mt en 2006 selon les données de l’ONIGC (Office national interprofessionnel des grandes cultures). Il faut dire que l’année est « très particulière », comme l’a souligné Jean-Paul Renoux, ingénieur chez Arvalis. « Je ne me souviens pas d’un tel échelonnement des dates de semis », a-t-il indiqué. Une première vague a eu lieu du 30 mars au 10 avril. Elle a concerné 30 % des surfaces. « Ce sont les maïs les plus beaux, les plus prometteurs », a précisé le spécialiste. Fleuries depuis 10 à 15 jours, ces plantes semblent être passées au travers de nombreuses difficultés.
Une deuxième vague de semis très hétérogène
Ce n’est pas le cas des maïs issus de la deuxième vague de semis, qui s’est déroulée après le 10 avril et a concerné 50 % des surfaces. Les résultats se révèlent pour le moment très hétérogènes. « Les potentiels sont très variables, a commenté Jean-Paul Renoux. Ils sont en train de se refaire grâce à la pluie qui tombe depuis deux mois, mais ils ne sont pas à leur maximum ». La troisième partie des semis a concerné 20 % des surfaces. Elle a eu lieu en mai. « Dans le Sud-ouest, 200 000 hectares ont été énormément arrosés, et les agriculteurs n’ont pas pu semer plus tôt », a remarqué l’ingénieur. Les plantes semblent plutôt bien s’en sortir pour le moment, mais le potentiel pourrait au final être affecté. S’ajoutent à ces surfaces 10 000 à 15 000 ha de maïs semés en dérobé, après une céréale récoltée tôt ou un colza. Mais ces hectares ne suffiront pas à compenser la réduction des rendements.
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Les ravageurs secondaires explosent
L’AGPM s’inquiète vivement de la prolifération des insectes, qui risquent eux aussi d’amputer les rendements. « Nous sommes face à une explosion d’insectes parasitaires secondaires », a signalé Jean-Paul Renoux. Ces ravageurs (mouche des semis, cicadelle, sésamie…) pourraient coûter 500 000 tonnes de production en grains. La filière regrette toujours autant la disparition des traitements de semences, qui auraient probablement pu sauver des quintaux. Les attaques de taupins se multiplient elles aussi. « On note un effondrement de l’efficacité des carbamates, qui ne marchent plus vraiment nulle part. La situation se dégrade très très vite », a prévenu le professionnel. L’invasion pourrait coûter 700 000 tonnes de production en maïs fourrage. La pyrale ne baisse pas ses pattes pour autant. Elle remonte toujours vers le Nord. En 2006, l’insecte a été détecté en Normandie et même en Belgique. Rien ne laisse donc penser que les cours du maïs vont se détendre.