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Porcs Le marché au cadran sous le feu des critiques

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À l'occasion de son assemblée générale, la Fédération nationale porcine (FNP) a fait recension des critiques adressées au marché au cadran de Plérin. Le syndicat défend le maintien de cet outil, mais souhaite le faire évoluer, notamment pour améliorer sa représentativité.

Après quarante ans d'existence, le marché au cadran de Plérin est de plus en plus critiqué par les producteurs. Dans son rapport d'orientation présenté le 12 juin à Ploermel, la Fédération nationale porcine (FNP) recense les critiques qui lui sont faites, et propose des pistes d'amélioration. Premier constat du syndicat : le cadran – 15 à 18% des cochons commercialisés en France – aurait perdu sa capacité à « coller » à la réalité du marché. La première cause est, selon le syndicat, la multiplication des cahiers des charges privés dans la filière : des cahiers des charges qui s'appliquent à la production (environnement, traçabilité...) et qui permettent aux groupements et aux abattoirs de se sécuriser. Ce phénomène, qui s'accentue, « depuis une quinzaine d'années », a eu pour effet de segmenter l'offre de porcs, et d'organiser à la fois une « pré-affectation » des porcs avant le cadran, et le développement des ventes en direct, en dehors du cadran, estime la FNP. Par ailleurs, ces cahiers des charges ne seraient pas assez rémunérateurs. « La multiplicité des cahiers des charges torpille la rentabilité. On doit remettre de la cohérence dans nos démarches qualité. Pour l'instant, on est payés une misère pour ça », a lancé le président de la FNP, Paul Auffray.

Un cotation aminima

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À cause de ce phénomène, estime la FNP, le cadran ne commercialise « que les cochons excédentaires », des cochons sans cahier des charges, et les éleveurs s'y déplacent pour fixer « une cotation à minima et non un prix du marché lié au rapport offre/demande ». « Tout le monde est d'accord pour maintenir le MPB, mais individuellement, on n'a pas intérêt à mettre ses cochons », explique le producteur mayennais Mickael Guilloux. Les producteurs font également le constat que le MPB a perdu de son influence en Europe. « Il a perdu sa notion de marché directeur, l'Allemagne est devenu le cours directeur », estime le secrétaire général de la FNP, Gilles Pecastaing. Face à ce constat, le syndicat propose d'inciter les producteurs à apporter leurs porcs au cadran, via « l'intervention de l'Etat » ou une « contribution nationale des éleveurs qui n'apportent pas au cadran ». Pour la FNP, la solution pour les éleveurs résidera moins dans la rénovation du cadran, que dans la démarche « porc français » qui doit permettre, soit par une demande accrue des consommateurs, soit par une qualité supérieure du produit, de déconnecter le prix des porcs français de ses concurrents espagnols. « C'est seulement un changement rapide des comportements des consommateurs qui pourra faire remonter rapidement et durablement les cours du cadran, a lancé Paul Auffray. Il faudra aller plus loin pour que le porc français soit un système de qualité, et permettre de mieux valoriser le produit ».

Crise porcine : les fabricants d'aliments veulent que les banques aident les éleveurs

Les fabricants bretons d'aliments de Nutrinoë s'inquiètent de voir les retards de paiement s'allonger chez les producteurs de porcs, et demandent, dans un communiqué du 17 juin, « aux organismes de financement en concertation avec l'État d'aider l'ensemble de la filière pour éviter des drames ». Ils demandent « une augmentation rapide des ouvertures de crédit accordées par les banques aux éleveurs », « la participation d'un représentant de l'État au tour de table des cofinanceurs des élevages en difficulté », « le rééchelonnement des dettes bancaires des éleveurs sans frais » et « la mise en place par l'État d'aides financières et sociales d'urgence pour accompagner les éleveurs en très grandes difficultés»