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BRASSEURS DE FRANCE/MARCHÉ Le marché de la bière en 2014 compense son recul pris en 2013

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Bonne météo, dynamisme des brasseries locales, Coupe du monde de foot, les raisons sont multiples pour l'amélioration du marché de la bière en 2014 (+2,8% en volume). L'année 2013 avait été une année particulièrement « difficile » a rappelé François Loos, président de Brasseurs de France, dans une conférence de presse, le 8 avril.

« En 2014, grâce à une offre dynamique associée à une météo favorable et un développement croissant des brasseries artisanales, le marché affiche une tendance positive », annonce François Loos, président de Brasseurs de France, le 8 avril, dans une conférence de presse. Le marché 2014 rattrape donc le niveau de 2012 en termes de volume de bière consommée (19 956 millions d'hectolitres). En 2013, la hausse de 160% des droits d'accises (taxe de l'Etat sur l'alcool) et une consommation en recul avaient fortement pénalisé le secteur. Les prix avaient augmenté de 14% en grandes et moyennes surfaces (GMS) et de 10% en cafés, hôtels et restaurants (CHR), induisant une baisse de la consommation de 3%. « Depuis cinq ans, la consommation s'est stabilisée autour de 20 millions d'hectolitres », estime François Loos. La multitude de petites brasseries sur tout le territoire – une centaine a été créée en 2014 – caractérise ce marché, tout comme « le fort renouvellement de l'offre » et « l'apparition de nouveaux packaging ». « Le marché français est un marché atypique et très valorisé avec 2/3 des bières vendues sous marque premium. Il existe plus de 2 000 marques de bières en France et 700 brasseries, réparties sur toute la France », continue-t-il.

LES BIÈRES HAUT DE GAMME TIENNENT LE MARCHÉ

En 2014, les ventes de bières se sont bien tenues du fait de la météo favorable et d'un effet « Coupe du monde de football », spécialement pour le secteur CHR. Le fort développement des brasseries artisanales et leur dynamisme (innovations, diversifications) expliquent également la hausse de 2,8% du marché global par rapport à 2013. Le circuit « alimentaire », en croissance de 4,6% (13,40 M hl), est fortement marqué par une progression des ventes en drive de +42,5% (magasins de proximité : +4,3%, GMS : +6,2% et hard discount : -4,3%). « En réalité, cela représente peu de ventes, mais ce chiffre montre que le secteur du drive est en pleine croissance », observe François Loos. Les bières de spécialité sont le premier segment en valeur (44%) avant les bières spéciales (37%) et de luxe (17%). Côté CHR, un recul des ventes est constaté depuis au moins deux ans au profit d'une consommation plus intime, chez soi. Pour autant, « l'effet Coupe du monde et la météo favorable ont permis une quasi stabilité de la consommation avec 4,09 millions d'hectolitres. En 2014, la baisse a été de 0,5% contre 8 % en 2013 », fait remarquer François Loos.

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AMÉLIORER L'IMAGE DE LA BIÈRE

Côté export, la balance commerciale est toujours déficitaire puisque ce sont des « bières peu valorisées », même si elles représentent 30% de la production française, qui sont exportées. A l'inverse, les importations, en hausse, en provenance de Belgique, d'Allemagne et des Pays-Bas, concernent majoritairement des bières haut de gamme. « Pour 2015, nous ne visons pas une augmentation mais toujours une stabilisation de la consommation », annonce François Loos. Avec l'inscription de la bière au patrimoine culturel et gastronomique de la France, les Brasseurs de France souhaitent « une évangélisation de la bière » pour retrouver ce produit sur toutes les tables. « Notre fond de commerce, ce n'est pas la Coupe du monde, mais la gastronomie, la bière au sens noble de ce qu'elle représente », conclut François Loos. Dans ce sens, une campagne de communication vient d'être lancée afin de revaloriser l'image de la bière. (ED)