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Bière Le marché de la bière s’est contracté en 2007

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La consommation française de bière, après deux années de stabilisation, est repartie à la baisse en 2007, selon Brasseurs de France. Affectée par une mauvaise météo, elle est retombée en dessous des 20 millions d’hectolitres en raison d’une chute de 3,6 % dans le circuit alimentaire et d’une poursuite du mouvement de baisse (-3 %) en CHR. Les importations, elles, n’ont pas ralenti, bien au contraire, réduisant d’autant les ventes des industriels français.

Le marché français de la bière a accusé le coup l’an dernier d’une mauvaise météo. Selon les premiers chiffres de l’association Brasseurs de France, la consommation totale a été en baisse de 3,5 % en volume en 2007. Evaluée à 19,5 millions d’hectolitres pour l’ensemble de l’année, elle a perdu 697 700 hl par rapport à 2006. Pour les brasseurs de l’Hexagone, cette tendance a été particulièrement négative puisque leur ventes totales ont diminué davantage, précisément de 933 000 hl à 15 M hl (-5,8 %). En effet, leurs exportations, en hausse de seulement 1,5 % à 1,851 M hl, sont loin d’avoir compensé le repli du marché intérieur. En revanche, les bières importées ont été en croissance sensible (+4,3 %) pour atteindre 6,3 M hl.

700 000 hl de moins

« C’est la première fois que le marché français passe en-dessous de la barre des 20 millions d’hl », remarque Gérard Laloi, président délégué de Brasseurs de France, même s’il est resté stable en valeur à 12,5 milliards d’euros. Surtout, l’année passée, les ventes sont à la fois en baisse dans le circuit alimentaire (pour la consommation à domicile) et en CHR (cafés-hôtels-restaurants). Ces dernières années, les achats dans la grande distribution avaient été en croissance, alors même que se poursuivait la tendance de long terme au repli de la consommation en CHR. En 2007 le circuit alimentaire a vendu 540 000 hl de moins qu’en 2006, soit 14,3 M hl (-3,6 %) et les ventes en CHR se sont repliées, elles, de 3 % à 5,1 M hl.

Le début de l’année s’annonce encore moins bien avec l’interdiction de fumer dans les cafés et restaurants, qui se traduit par une baisse de consommation pour la bière de l’ordre de 4 à 5 % en janvier.

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Croissance du haut de gamme

Selon les panels Nielsen sur les ventes en grande distribution, les évolutions par catégories de produits sont restées contrastées et conformes aux tendances passées. C’est ainsi que seules les bières de spécialités (d’abbayes, ambrées ou blanches) ont bien tiré leur épingle du jeu avec une belle progression de 3,7 %. De même, les bières spéciales (haut de gamme) n’ont pas trop mal résisté, à +1,4 %. Ces deux segments représentent désormais 20 % du marché en volume et 32 % en valeur. En revanche, les autres catégories ont été dans le rouge, les bières dites de luxe (blondes traditionnelles) avec un repli de -9,2%, les bières sans alcool en baisse de 6,9 % et surtout les pa-nachés (bière et limonade) en chute de 13,4 %.

Flambée des coûts

En attendant des données en valeur qui ne sont pas encore toutes disponibles, il est peut-être un peu prématuré d’établir un lien entre ces mauvais scores et le renchérissement du produit au stade consommateur. Mais comme d’autres professions de l’agroalimentaire, la brasserie est amenée à relever ses tarifs, confrontée qu’elle est depuis des mois à la hausse extrêmement brutale de deux composantes de ses coûts, le malt et les bouteilles en verre. En moyenne en 2007, les cours du malt ont atteint des sommets aux alentours de 520 euros la tonne contre 200 euros en 2006. Pour la brasserie française, qui en utilise quelque 350 000 t, c’est un surcoût de l’ordre de 112 M EUR, estime Gérard Laloi. Dans le même temps, les industriels qui achètent environ 4 milliards de bouteilles en verre ont du dépenser 40 M EUR de plus pour un volume de vente identique. Et à ces suppléments de prix de revient, il faudrait ajouter, la flambée des prix de l’orge et des hausses continues sur le prix de l’aluminium (+22 % en 2007 et encore +10 % sans doute en 2008)...