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Produits laitiers Le marché de l’ultra-frais se redresse dans un contexte de déflation

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Les fabricants de produits laitiers frais, regroupés dans Syndifrais, ont connu une reprise un peu moins timide en 2010, la pression à la baisse étant forte sur les prix de vente aux grandes surfaces. Hormis les desserts lactés, tous les segments se sont avérés dynamiques.

Le marché des produits laitiers frais dont la reprise était un peu trop timide en 2009 a repris des couleurs l’an dernier, selon les chiffres de Syndifrais, le syndicat des industriels du secteur. En volume, les fabrications ont progressé de 2,7% à 3,3 millions de tonnes grâce à une meilleure orientation de la consommation intérieure et des exportations. En valeur, les résultats sont plus modestes, les prix de vente sortie d’usine ont en effet diminué de 2,2 %, à cause des marques nationales (-2,5%) et des MDD (-2,3%), les prix des autres marques gagnant au contraire 2,1%.
En grande distribution, y compris le hard discount, les ventes ont augmenté de 2,8% en volume à 1,8 MT, mais elles n’ont gagné que 1% en valeur à 4,47 milliards d’euros. En tenant compte aussi de ses ventes à l’exportation (672 000 tonnes, soit en valeur 903 M EUR), la profession a porté son chiffre d’affaires total à 4,7 milliards d’euros, soit un tiers des ventes totales de produits laitiers pour 13% seulement des volumes de la collecte laitière et 8% de l’ensemble du secteur alimentaire français. Un chiffre qui fait de l’ultra-frais laitier la première catégorie en valeur devant celle des boissons gazeuses, a souligné lors de l’assemblée générale du syndicat Stanislas de Gramont, président de Syndifrais.
Le syndicat national qui regroupe les industriels des secteurs privé et coopératif fabriquant des yaourts et laits fermentés, des fromages blancs et petits-suisses, des desserts lactés frais et des crèmes fraîches, souligne que la reprise du marché s’explique par une bonne orientation des yaourts, le poids lourd du secteur (+2%) permettant une progression des volumes de laits fermentés dans leur ensemble (+2,2%). Les ventes de probiotiques à boire et en pots, bien qu’en recul en fin d’année, affichent des évolutions positives (respectivement +2% et +2,8%). Les ventes de fromages frais sont toujours aussi dynamiques (+8,7%), succès qui serait dû au régime Dukan, alors que les desserts lactés frais sont légèrement en retrait (-0,9%).

La reconquête par les marques nationales
2010 a été favorable aux marques nationales qui déjà en 2009 avaient amorcé leur reconquête : leurs ventes en volume ont augmenté de 5,2%, les autres marques progressant, elles aussi, de 4,9%, tandis que les MDD, après leur recul de 1,3% en 2009, ont été quasi-stables (+0,2%). Par circuit, ce sont les hypermarchés qui ont montré le plus fort dynamisme avec des progressions de 5,1%, alors que la contribution des supermarchés a été plus modeste (+0,4%) de même que celle du hard discount (+0,6%).
Si l’on compare les prix de vente consommateur des ultra-frais entre décembre 2009 et décembre 2010, les yaourts et desserts lactés sont en baisse de 1,6%, alors que les laits et crèmes sont en hausse de 1,4% et l’ensemble des produits alimentaires de 1,1%. Sur longue période (2003-2010), les prix sont restés les mêmes en euros courants, signe, selon Stanislas de Gramont, que toute la filière a absorbé toute l’inflation : en particulier les hausses de prix alimentaires de 2008 dues aux hausses de matières premières ont été peu suivies par les produits laitiers frais, ce qui explique entre autres le bon score des volumes de la consommation.

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