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Phytosanitaires Le marché des phytosanitaires sera tiré par la météo et l’innovation

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À l’occasion du bilan 2011 de l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP), le 27 juin à Paris, les représentants de la profession ont fait état d’une stabilité du marché des phytosanitaires en France. Sur un marché mature, l’innovation et les conditions climatiques favorables aux bio-agresseurs seront les facteurs de progression du chiffre d’affaires de cette industrie. Cependant, au niveau mondial, l’intensification des agricultures des pays de l’est ou émergents tire aussi le marché des produits phytosanitaires.

«Le chiffre d’affaires (CA) mondial du marché des phytosanitaires a progressé de 15% en 2011, contre 5% en France », a indiqué Jean-Charles Bocquet, directeur général de l’UIPP, lors d’une conférence de presse le 27 juin à Paris présentant le bilan 2011 de cette industrie. En volume, la France voit les tonnages de phytosanitaires utilisés en quasi-stabilité à +1,29% en 2011. Pour Jean-Charles Bocquet, cette légère hausse s’explique « par une météo favorable aux bio-agresseurs en 2011, avec un climat chaud et sec à l’automne et au printemps». Il reconnaît que cette hausse en volume ne répond pas aux objectifs du plan Ecophyto 2018, mais indique que, sans ce cadre réglementaire, les utilisations auraient été encore plus importantes.
« Les agriculteurs français ne sont intervenus qu’en cas de besoin et ont utilisé environ 60 000 tonnes (t) de produits en 2011 », souligne le directeur général de l’UIPP.

Un marché mondial des phytosanitaires dynamique

La progression européenne du CA des produits phytosanitaires est aussi de 15% en 2011, tirée notamment par l’intensification des agricultures des pays de l’Est. En Afrique, la croissance du CA atteint les 24%, 20% en Amérique latine, 16% en Asie et 6% en Amérique du nord, un marché mature comme celui de la France. Sur ces zones où les CA progressent moins, Franck Garnier, président de l’UIPP, explique que « les innovations, améliorant l’efficacité et la sécurité d’emploi des produits pour les utilisateurs et l’environnement, et le climat, plus ou moins favorables aux bio-agresseurs, conditionneront le marché à l’avenir ». Au niveau de la répartition mondiale du CA du marché des phytosanitaires en 2011, l’Europe reste leader avec 27,7% des parts de marché. Viennent ensuite l’Asie à 26,4%, l’Amérique latine à 22,9%, l’Amérique du nord à 19,1% et enfin l’Afrique à 4%. En France, sur la hausse de 1,29% des volumes de phytosanitaires utilisés, on observe une hausse de 11% de l’utilisation d’insecticides, de 17% pour les herbicides, mais un repli de 10% des ventes de fongicides avec un faible développement des maladies sur vignes et céréales en 2011.

Une baisse structurelle des utilisations en France

Montrant que depuis 1999, les utilisations de produits phytosanitaires en France sont passées de 120 500 t à 62 700 t en 2011, Jean-Charles Bocquet a indiqué que sur cette période la réduction de 50% en volume des produits phytosanitaires avait été atteinte. Cependant, les objectifs du plan Ecophyto, démarrant en 2008 et tendant vers une réduction de 50% des usages d’ici 2018, ne sont pas encore remplis. En 2008, les tonnages vendus en France étaient de 78 600 t et sont de 62 700 en 2011. Rappelant que l’UIPP était plus attachée à la réduction des impacts des produits phytosanitaires qu’à la baisse des volumes utilisés, Franck Garnier a présenté une série de mesures censées accélérer la démarche de progrès du secteur. Cette démarche vise à travailler sur les aspects préoccupant la société, à savoir l’alimentation, la santé, l’eau et la biodiversité. Ainsi, différents supports sont diffusés par l’UIPP auprès des agriculteurs pour les sensibiliser aux méthodes de luttes complémentaires, aux risques liés à l’utilisation des produits, à la gestion des bords de champs ou aux couverts apicoles. Autre point montrant l’engagement de l’UIPP à accompagner le changement, l’actualisation de son code de déontologie visant à renforcer les règles de bonnes pratiques professionnelles dans toutes leurs dimensions. La création d’une base de données, Phytodata, rappelant les aspects réglementaires des métiers des adhérents de l’UIPP, fait partie de ces engagements. Enfin, depuis le 31 mai 2012 les engagements de service de l’UIPP sont certifiés Afnor selon le référentiel « Quali’OP » qui « reconnaît le savoir-faire de l’organisation à respecter ses engagements de services de façon concrète et mesurable ».

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