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Aliments conservés  Le marché des produits appertisés reste stable

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L’industrie de la conserve est décidément un secteur mature, comme le montrent les chiffres établis par l’Association des entreprises de produits alimentaires élaborés pour l’année écoulée . L’attrait des produits appertisés ne se dément pas malgré la concurrence d’autres moyens de conservation. En revanche, la pression des importations ne fait que croître et l’industrie, si elle maintient son chiffre d’affaires, a subi de fortes pressions sur ses marges l’an dernier.

La consommation française d’aliments conservés (légumes appertisés et surgelés, plats cuisinés, foie gras, fruits, compotes, confitures, conserves et semi-conserves maritimes) est restée stable en 2005 autour de 3,5 millions de tonnes. Les produits importés en ont représenté une part croissante proche de 42% tandis que les exportations françaises n’ont progressé que de 1 % en valeur (+2% en volume) pour représenter 32 % du volume produit et 24 % du chiffre d’affaires du secteur.

Progression des plats cuisinés et des conserves maritimes

Celui-ci est estimé à 4,5 milliards d’euros, quasi stable également. La production 2005, elle, a reculé de 4,5 % en volume à 2,78 millions de tonnes, une diminution due aux fluctuations enregistrées en légumes et maïs doux dont les emblavements ont été réduits, mais aussi au recul observé en tomates, champignons de couche et fruits au sirop.

La consommation apparente se stabilise donc depuis quelques années même si on enregistre une légère poussée en 2005 des achats de plats cuisinés et de poissons appertisés ainsi que de foie gras et dérivés de palmipèdes gras.

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Modération des prix malgré des hausses de coûts

Le secteur a contribué de manière significative à la modération des prix alimentaires étant donné la baisse au stade de détail de 2,6 % sur les légumes transformés, de 1,7 % sur les poissons préparés, de 0,8 % sur les fruits transformés et même de 0,2 % sur les plats cuisinés appertisés à base de viande.

Adepale souligne cette performance dans un contexte pourtant tendu en ce qui concerne les prix des viandes, de certains poissons (anchois, maquereaux) et de hausse du prix des boîtes métalliques (+15 % début 2005) et de l’énergie. Les marges des fabricants n’ont pu qu’en souffrir et la raison n’en est autre que les pressions de la distribution pour accentuer la coopération commerciale à la veille de la réforme de la loi Galland.

Dégradation des échanges

Les échanges extérieurs d’aliments conservés se sont encore intensifiés l’an passé. Les flux progressent dans les deux sens, mais avec une croissance plus rapide à l’importation ce qui conduit à une nouvelle dégradation du solde qui devient négatif de 478 M EUR, soit près de 100 millions de plus qu’il y a deux ans. La baisse permanente des protections à l’entrée de l’Union européenne n’est pas étrangère à ce qu’il faut bien qualifier de mouvement structurel : le démantèlement continu des droits de douane communautaires rend chaque année plus compétitifs les produits des pays tiers, la concurrence intra-communautaire s’est également avivée depuis l’élargissement de l’Union à 25, certains des nouveaux pays membres ayant des structures de coûts plus favorables que ceux des entreprises françaises. 42 % de la consommation se porte sur des produits d’importation tandis que les exportations représentent 32 % de la production de produits appertisés. En 2005, la nouvelle dégradation du commerce extérieur touche quasiment tous les segments : l’excédent s’érode pour les légumes et le déficit se creuse tout particulièrement pour les poissons. En cause la persistance d’une parité défavorable entre euro et dollar ainsi que le renchérissement de certaines matières premières (poissons).