Une étude sur le potentiel de développement des éco-industries en France a été présentée le 2 décembre à Nathalie Kosciusko-Morizet et Luc Chatel, respectivement secrétaires d’Etat à l’Ecologie et à l’Industrie, en marge du salon Pollutec (Lyon). Si les objectifs du Grenelle sont atteints, les perspectives sont prometteuses pour la biomasse.
La biomasse a de l’avenir. Telle est l’analyse du bureau d’étude Boston Consulting Group (BCG) chargé par le ministère chargé de l’industrie d’analyser les conditions d’émergence d’une politique industrielle en faveur des éco-industries en France. De fait, le Grenelle de l’environnement a retenu comme objectif de faire passer la production d’énergie issue de la biomasse de 10 millions de tonnes-équivalent-pétrole (tep), actuellement, à 18 millions de tep d’ici 2020. Le bureau d’étude – qui s’est penché sur 14 filières éco-industrielles – prévoit que la production de cette biomasse-énergie sera alors issue aux 2/3 de la filière bois, le reste correspondant aux cultures dédiées, aux déchets organiques, aux pailles et aux coproduits agricoles. En pourcentage, la part du bois reculerait donc par rapport à la situation actuelle où le bois représente 90% des 10 millions de tep de biomasse-énergie consommés en France.
Croissance des équipementiers
En valeur, le marché du bois devrait être multiplié par 2 ou 3. Actuellement, une partie seulement des ventes de bois est comptabilisée statistiquement ; le reste correspond à du bois utilisé directement par les producteurs ou à des transactions non comptabilisées, notent les analystes. En 2006, les ventes comptabilisées représentaient un marché de 1 milliard d’euros. La structuration de la filière devrait permettre de « mieux contrôler la diffusion de la ressource et d’augmenter le taux de transactions comptabilisées » : le marché du bois pourrait alors représenter 2 à 3 milliards d’euros en 2020, estime le bureau d’étude. Le marché des équipements de chauffage au bois (individuel et collectif) devrait quant à lui passer d’environ 1,5 milliard d’euros (matériel et installation) à un volume de 2 à 4 milliards à horizon 2020, porté par le remplacement des équipements individuels et le développement du collectif.
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Si les acteurs français sont bien positionnés sur le marché des appareils domestiques à rendement moyen (inserts, foyers fermés, cuisinières, poêles et chaudières à tirage naturel), ils sont en revanche peu présents sur le marché des chaudières à haut rendement dominé par les Allemands et les Autrichiens, indique le bureau d’étude BCG. « Ce marché est aujourd’hui petit (3% des ventes en volume, 10 % en valeur en France en 2006) mais son taux de croissance est élevé (+50 % par an entre 2001 et 2006 contre + 10% par an pour les équipements à rendement moyen) », affirme l’étude. En outre, la croissance de ce marché devrait s’accélérer avec le durcissement des normes de rendement et de pollution de l’air des équipements.