C’est en ce moment que se jouent les négociations OMC à Genève. Baisse des barrières douanières et fin des restitutions ne seront pas sans conséquences sur la filière porcine française. Le Marché du porc breton (MPB) a souhaité aborder ce point lors de son assemblée générale du 6 avril.
A l’occasion de l’assemblée du Marché du porc breton, le 6 avril, Hervé Marouby, de l’Institut technique du porc, a présenté dans les grandes lignes ce que pourraient être les conséquences de la libéralisation des échanges sur les marchés de viande porcine. Il en retire plusieurs enseignements : le marché européen est acheteur ; le prix influant toujours plus l’acte d’achat, les consommateurs se tournent vers les premiers prix, les marques de distributeurs et le hard discount.
En parallèle, la demande en produits élaborés se développe et les transformateurs le savent. Leur position est assez claire : ils sont ouverts aux importations. Ils ont besoin d’une large gamme de matière première, à bas prix, ce à quoi nos concurrents peuvent répondre.
Ecarts de coûts de revient
En effet, l’abaissement des droits de douane exacerbera les écarts entre pays car tous n’ont pas les mêmes coûts de production. Même si la France est assez compétitive sur le plan européen, elle ne l’est pas sur le plan mondial. Avec un prix de revient de l’ordre de 1,30 euro par kilo carcasse, elle se positionne bien au-dessus des Etats Unis (1,11 euro le kilo) et du Brésil (0,73 euro le kilo).
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Finalement, des volumes assez importants pourraient entrer sur le marché européen. Les prix des pièces en seront bousculés comme d’ailleurs les prix en production. Comment la filière porcine française gèrera-t-elle ces entrées ? Saura-t-elle s’adapter tout en gardant à l’esprit qu’elle aussi souhaite se développer à l’export ?
Cotations houleuses
Telles sont les principales interrogations de la filière, d’autant plus d’actualité que la situation n’est pas des plus simples en ce moment. Le déroulement de l’année 2005 le prouve. Dans son rapport moral, l’administration du MPB est revenue sur les quelques séances de cotations houleuses. Producteurs et abattoirs s’y étaient retrouvés en totale opposition. Les premiers ont envoyé des cochons vivants en Allemagne, diminuant ainsi l’offre proposée aux abattoirs français, et influençant par là même l’évolution de la cotation nationale.
Pour les groupements de producteurs, le seul objectif était de maintenir le prix français face aux pressions baissières des abattoirs parfois jugées excessives. Le secteur abattage s’en défend. Pour Paul Rouche, président du commerce du porc (SNCP), il ne faut pas oublier le contexte actuel. « Depuis deux ans, la situation économique des entreprises du secteur est catastrophique. C’est pourquoi lorsque les abattoirs demandent de la baisse, c’est qu’ils sont dans le rouge et ont besoin d’oxygène. » Ce à quoi Jean-Jacques Riou, président du MPB, rétorque que ce n’est pas à la production de supporter « toutes les misères du monde». Pour Paul Rouch, les producteurs et abatteurs devraient travailler ensemble. Cette opinion est loin de faire l’unanimité. Mais peut-être est-ce une piste de travail à approfondir. Car l’avenir de la production dépend aussi du devenir de l’abattage.