Abonné

Produits appertisés Le marché français se maintient et attire les importations

- - 4 min

La relative stabilité et la poursuite des tendances passées sont un trait commun à la plupart des industries d’aliments conservés. Le marché des produits appertisés a ressemblé en 2007 à ce qu’il était en 2006 avec une légère érosion de la production du fait de récoltes un peu faibles, et une stabilité de la consommation. La poussée régulière des importations demeure le trait majeur de la décennie et s’est encore accentué en 2007. Ainsi le déficit des échanges extérieurs se creuse pour atteindre, malgré une hausse de 9 % des exportations en valeur (à 1,3 Md d’euros) et de 9,6 % en volume, quelque 700 M EUR pour une valeur de marché totale de 4,8 milliards d’euros, en progression annuelle de 2,7 %. Pour Vincent Truelle, qui dirige l’Adepale, l’organisation professionnelle des industries d’aliments conservés, ce ratio de 50 % de pénétration, désormais, du marché français par des importations est plus que symbolique. Dans l’autre sens, un peu moins de 4 boîtes sur 10 sont exportées !

Pourtant l’industrie nationale produit presque toujours autant », observe-t-il, signe d’un certain dynamisme, même pour des produits aussi matures que les conserves de légumes ou les confitures. « Simplement, on a là le résultat des ouvertures de frontières décidées au niveau politique depuis plusieurs années et nombre de commodités (thon, maïs doux, haricots verts, tomates…) en ont forcément subi les conséquences ». La « bonne surprise » c’est que l’industrie française résiste face à des pays à bas coûts et après avoir subi la concurrence du surgelé, de la 4 è gamme ou du nouveau frais. Le salut a été trouvé dans la diversification et l’innovation-produit, et avec des gains de productivité considérables.

Du coup, les prix de vente de la conserve sont devenus de plus en plus compétitifs par rapport à leur équivalent en produits frais, non transformé. Ainsi, au niveau des prix de détail relevés par l’Insee, sur une base 100 en 1998 les poissons et crustacés frais sont à l’indice 130,5 en 2007 et les mêmes produits appertisés sont à 118,1 ; les légumes frais sont à l’indice 128,3 tandis que les légumes transformés ne sont qu’à l’indice 110,4. Les fruits frais atteignent l’indice 122,3 alors que les fruits transformés sont à 119. Enfin, les plats appertisés à base de viande sont à 110,9 quand le poste « viande » progresse deux fois plus vite dans l’indice Insee, à 122,8.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Flambée des coûts

Cela dit, la conjoncture actuelle est moins souriante sur le front des prix et les gains réalisés qui ont jusqu’ici profité aux consommateurs seront difficiles à maintenir. En effet, les conserveurs viennent de connaître des hausses de coûts cumulées : tout d’abord sur les matières premières (récoltes médiocres ou plus difficiles, puis contagion de la flambée des céréales et oléagineux, qui sont des alternatives faciles aux cultures légumières pour les agriculteurs) et aussi sur tous les autres facteurs de production, emballage, énergie, transports, etc… S’agissant des boîtes métal et des bocaux de verre, la pression est vive depuis le début de l’année. Du fait de la demande chinoise, le cours de l’acier a flambé Cf Agra alimentation n° 2033 du 18.09.08 p. 14, impactant le prix auquel les conserveurs achètent une bonne partie des boîtes : en juillet, ils ont payé 15 % de plus, et on leur annonce de nouvelles hausses de 20 à 30 % pour janvier prochain. Dans le prix sortie d’usine d’une boîte de produit appertisé, l’incidence peut aller, selon les produits, de 15 à 40 %, soit des hausses qu’il leur faudrait répercuter au consommateur, de l’ordre de 5 %.

Pour les industriels adhérents de la FIAC, cela ressemble à la quadrature du cercle quand, au même moment, ils doivent renégocier avec la grande distribution en tenant compte des nouvelles dispositions de la LME et de son volet « négociabilité » avec son côté « plutôt violent pour les fournisseurs ». Les hausses tarifaires seront en effet plus âprement discutées que jamais, « alors même qu’a été reporté à plus tard l’autre volet du dispositif, celui qui était censé favoriser la concurrence entre enseignes, en menant jusqu’au bout la réforme de l’urbanisme commercial », remarque avec amertume Vincent Truelle.