Le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras a indiqué le 26 mars que les ventes de foie gras en France se sont maintenues en 2008 mais que les exportations ont diminué de 16 %. La filière doit donc baisser sa production d’environ 10 % en 2009 pour une meilleure adéquation entre l’offre et la demande.
L’interprofession française du foie gras (Cifog) veut se prémunir contre tout dérapage de la production alors que le marché se tasse sans aucune éclaircie à l’horizon. Aussi a-t-elle lancé un mot d’ordre pour que les mises en place soient réduites et permettent une diminution de la production de 10 %. Cela fait deux ans de suite qu’un décalage s’est installé entre la production, en hausse de 7 %, et la consommation, en hausse également, mais de 4 %. Etant donné la conjoncture beaucoup plus morose qui est apparue en 2008, « nos appels à la raison doivent cette fois être suivis d’effet », a martelé le président du Cifog, Alain Labarthe.
Les ventes de foie gras en France se sont maintenues en France en 2008, mais les exportations ont chuté en particulier en Espagne et les perspectives 2009 ne peuvent être beaucoup plus optimistes. Les ventes en grandes et moyennes surfaces ont baissé de 1,8% en volume en 2008 par rapport à 2007, mais ont augmenté de 1,3% en valeur à 225 millions d’euros, selon des données IRI citées par le Cifog. En 2007 les volumes avaient encore progressé de 4 % et les ventes valeur de 7 %. Ces ventes en GMS représentent 81% des ventes de foie gras (48 % en hypermarchés, 18 % en supermarchés et 14 % en hard discount).
Mises en rayon trop tardives
Malgré la crise, les Français ont continué à acheter du foie gras: selon un sondage TNS Worlpanel cité par le comité, les foyers ont acheté 1,8 fois du foie gras et dépensé 28,40 euros l’an dernier, contre 1,9 acte d’achat et 29,53 euros en 2007. « Nous avons gardé les consommateurs », s’est réjoui Thierry Blandinières, responsable de la commission communication du Cifog.
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Les fêtes de fin d’année restent le moment privilégié pour ce type d’achat et représentent environ 70% des ventes, mais les responsables de la filière ont déploré la « frilosité » des hypermarchés en 2008 qui ont proposé « des références moins nombreuses en début de saison », c’est-à-dire en novembre et début décembre. Or, « un produit ne peut se vendre que s’il est présent », a expliqué Jean Schwebel, vice-président du Comité.
Export : premier repli depuis 10 ans
La production de foie gras en France a légèrement baissé en 2008 pour s’établir à 20 447 tonnes : les débouchés en France se sont maintenus, mais les exportations ont affiché un repli de 16%, sous l’effet d’une parité euro/dollar défavorable puis de la crise financière internationale. La chute des expéditions a été la plus forte vers l’Espagne (-12%), premier importateur, à hauteur de 32 %, de produits français, mais elle affecté aussi le Japon ou le Royaume-Uni. En revanche, des nouvelles destinations connaissent un frémissement, la Norvège, la Suède, le Danemark, les Emirats ou encore le Mexique. Les expéditions de la France en foie gras cru ont diminué de 13 % à 2655 tonnes, et celles de préparations transformées à base de foie gras de 20 % à 2029 tonnes. C’est la première fois depuis plus de dix ans que l’on observe un repli des exportations.
Si la balance commerciale est toujours excédentaire (les importations ont-elles-mêmes diminué de 11 %), elle apparaît en recul par rapport à 2007 (57,4 millions d’euros contre 65 M un an plus tôt).