Abonné

Conférence de FranceAgriMer Le marché mondial du grain sous influence géopolitique

- - 3 min

Si la crise en Ukraine n'affecte pas les expéditions de grains, elle risque de modifier la production du pays, a rapporté le 27 février FranceAgriMer, qui surveille aussi les conséquences au Canada de la fin du Wheat Board (Commission du blé) sur le commerce dans la zone Aléna (Accord de libre-échange nord-américain).

«La situation politique en Ukraine n'influe pas sur les embarquements à l'export ou la circulation de grains par camion ou wagon à l'intérieur du pays », a rapporté, le 27 février en conférence au SIA, le chef de service Marchés et Etudes des filières à FranceAgriMer Patrick Garnon, citant comme source la filiale du Crédit Agricole implantée sur place. « Un consensus existe pour ne pas toucher aux activités rapportant des devises, a-t-il expliqué. Mais la situation financière est catastrophique. Cela risque d'entraîner un report de production vers le blé/orge, plus traditionnels, au détriment du maïs ou soja, pour des raisons de fourniture d'intrants. » D'après lui, certaines des 40 000 exploitations ukrainiennes tournées vers l'export se retrouvent en situation difficile, notamment à cause de remboursements de TVA « qui ne se font plus ».

L'importance du facteur logistique

Autre focus géopolitique de la conférence FranceAgriMer sur « le marché mondial des grains en 2014 », la situation dans la zone Aléna (Accord de libre-échange nord-américain) en lien avec la fin du Canadian Wheat Board (CWB, traduction : Commission canadienne du blé). « Les céréaliers canadiens pourraient choisir de vendre aux Etats-Unis plutôt que de supporter les coûts logistiques jusqu'aux ports », mission jusque-là assurée par le CWB, a estimé le consultant Michel Ferret. Conséquence, ils seraient moins présents sur la scène internationale, privilégiant la zone de libre-échange nord-américaine. Les Etats-Unis exporteraient par ricochet davantage de blé sur le marché mondial.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

FranceAgriMer
Suivi
Suivre

La logistique est un aspect trop « sous-estimé » aux yeux du spécialiste, prédécesseur à la retraite de Patrick Garnon chez FranceAgriMer. Son influence est grande dans l'évolution du commerce du grain. Michel Ferret a cité l'exemple du Kazakhstan, qui mène une stratégie de transformation sur place pour amortir les frais logistiques. « Le Kazakhstan opte pour l'écrasement d'une partie de son blé, a-t-il signalé. C'est d'ailleurs devenu le premier exportateur mondial de farine. Le pays mène aussi un programme de développement de l'élevage à proximité de la Russie. Il sera donc moins actif dans l'exportation de céréales. » Par ailleurs, le Kazakhstan consacre de gros efforts d'investissements logistiques, comme tous les pays de l'ex-URSS. Il se focalise en particulier sur le chemin de fer vers l'Iran et le stockage off-shore (en Estonie, en Iran).