Production et consommation de vins vont augmenter de concert dans les cinq prochaines années, prévoit le cabinet ISWR dans une étude révélée par Vinexpo. La crise aurait donc des effets limités, sauf sur les spiritueux dont le marché tend à se stabiliser. En France, où la consommation de vins baissait depuis des décennies, ce recul serait moindre.
La consommation mondiale de vins va continuer à augmenter d’ici 2012 grâce à une progression de la demande en Russie et en Chine et malgré une année 2009 «incertaine», selon une étude réalisée pour Vinexpo, le salon du vin et des spiritueux qui se tiendra du 21 au 25 juin à Bordeaux. « Nous pensons que les effets de la crise seront limités » sur le secteur des vins et spiritueux, a affirmé devant la presse Robert Beynat, directeur général de Vinexpo, qui présentait cette étude du cabinet britannique ISWR, et qui se veut une prospective à 5 ans sur 28 pays producteurs et 114 marchés consommateurs.
Les précédentes crises économiques ou financières ont montré que leur influence sur la consommation est réduite, selon M. Beynat : « Nous avons toutefois voulu être prudents à cause de cette année 2009 un peu incertaine ». Après avoir progressé de 6% entre 2003 et 2007, la hausse de la consommation sera similaire pour la période 2008-2012. Selon l’étude, la Russie et la Chine vont continuer leur «progression fabuleuse», respectivement de +24,4% et 36,6%. Ces deux pays devraient absorber plus de 58% de la croissance mondiale entre 2008 et 2009 et à l’horizon 2012, ils devraient chacun consommer plus de vin que l’Espagne.
Pour leur part, les Etats-Unis vont devenir le premier consommateur mondial avec plus de 3,8 milliards de bouteilles d’ici quatre ans. Le pays ravira cette place à l’Italie, qui a elle-même supplanté en 2007 la France, leader historique de la consommation, mais en perte de vitesse depuis plusieurs années déjà.
La production de vins va elle aussi continuer à augmenter dans les quatre ans à venir (+3,83%) pour atteindre plus de 36 milliards de bouteilles. En valeur, la progression sera supérieure (+8,92%) avec un chiffre d’affaires mondial du vin à 166 milliards de dollars (125 milliards d’euros) en 2012.
La vodka toujours en tête des spiritueux
Pour le secteur des spiritueux, après une hausse de 4,56% entre 2003 et 2007, la croissance de la consommation devrait être moindre (+0,36%) d’ici 2012.
Les deux principales régions de consommation que sont l’Asie (46,7% du marché en 2007) et l’Europe devraient voir leurs dépenses reculer, à -2,8% et -1,02% respectivement.
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En revanche les Etats-Unis et l’Amérique latine enregistreront une forte hausse (+7,83%) dans les quatre prochaines années. Premier spiritueux au monde, la vodka le restera avec une hausse de 5,29% de la consommation jusqu’en 2012. Le cognac et l’armagnac vont maintenir une forte croissance (+9,5%), de même que le rhum et le scotch whisky. En revanche le gin poursuit son recul au niveau mondial.
France : la baisse va ralentir
En France, la baisse de la consommation de vins, perceptible depuis les années 60, devrait ralentir, toujours selon l’étude présentée par le directeur général de Vinexpo.
Après une baisse de 7,5% de la consommation de vin de 2003 à 2007, la baisse ne serait plus que de 2,18% jusqu’en 2012. A cet horizon, les Français devraient consommer 3,8 milliards de bouteilles de vins, soit une moyenne de 55,8 litres par an et par habitant. Un tel ralentissement de la baisse de consommation concernera surtout les vins tranquilles dont la consommation baisserait de 2,9 % d’ici 2012, contre -8,6% entre 2003 et 2007. En revanche le champagne et les vins effervescents en général devraient voir leur succès se confirmer avec une hausse de +4,5% de leur consommation dans les quatre ans à venir. En valeur, la baisse des ventes de vins tranquilles ralentit également : -1,9 % de 2008 à 2012 pour atterrir à 13 milliards de dollars (9,7 Mds EUR) contre -7,7 % entre 2003 et 2007.
Le vin rosé qui représente désormais 22,3% de la consommation totale de vin est de plus en plus apprécié (+3% par an en moyenne sur 10 ans) tandis que le vin blanc et le vin rouge vont baisser respectivement de 6,3 % et 6,9 % d’ici 2012.
En 2007, la France a perdu sa première place de pays consommateur de vin au profit de l’Italie qui a aussi ravi à l’Hexagone la place de premier exportateur en volume.Entre 2003 et 2007, les exportations de vins français sont restées stables (+1,26 %) tandis que celles de l’Italie ont explosé (+40,7 %).
En 2007, la France conservait toutefois sa place de premier pays exportateur en valeur avec un chiffre d’affaires de 6,7 Mds EUR.