La morosité du marché des orges de brasserie en 2005/2006 est oubliée. Les prix de ce produit ont enregistré une belle hausse sur la campagne 2006/2007, allant même jusqu’à dépasser les 200 euros/tonne. Au vue de ce marché porteur, les collecteurs se sont fortement engagés. Un choix à double tranchant.
«En orge de brasserie, les organismes stockeurs seraient engagés à hauteur de 50 à 60 % », explique un courtier. Compte tenu de la confidentialité de ce type d’information, difficile de savoir si cette fourchette est exacte. Mais une chose est sûre : les OS ont passé beaucoup de contrats avec les malteurs, et cela, plus tôt que d’habitude. « A plus de 150 euros/tonne, les prix dépassaient largement les 120 euros/t enregistrés en avril/mai de la campagne précédente », note un collecteur. Les agriculteurs n’avaient pas d’objection à engager leur récolte. Satisfaisante pour les vendeurs, la contractualisation l’était aussi pour les utilisateurs. Dans un marché qui s’annonce tendu, mieux vaut acheter sans attendre, sous peine de voir les prix monter, ce qui n’a pas manqué de se produire. Fin novembre dernier, la tonne de Cellar, orge de printemps brassicole, se vendait en Fob Creil de 216 à 220 euros. Aujourd’hui encore, les cours sont élevés. Ils s’affichent à plus de 160 euros/tonne pour une Cervoise, orge d’hiver à 6 rangs, récolte 2007, et dépassent les 180 euros/tonne pour les variétés de printemps. Sauf que personne n’est sûr de la récolte, tant en volume qu’en qualité. Selon les régions, le risque se concentre soit sur les orges de printemps, soit sur celles d’hiver.
Engagements risqués
Dans les pires scénarios, les agriculteurs pourraient se voir très pénalisés par ces engagements précoces. « Un exploitant qui ne peut fournir que 50 tonnes au lieu des 70 tonnes prévues paiera un dédit à son acheteur, explique un professionnel. Le montant de ce dédit devra permettre de racheter de l’orge au prix du marché pour honorer le contrat passé avec le malteur. » En plus de son manque à gagner, l’exploitant enregistrerait alors un surcoût lié à la hausse des cours de l’orge de brasserie. Une situation inédite. « Pour notre part, nos adhérents se sont engagés sur des surfaces, explique un responsable de coopérative. C’est donc à nous que reviendrait la responsabilité d’une éventuelle insuffisance de production ». La perspective d’une récolte moyenne en Allemagne et la crainte de difficultés à l’est de l’Europe ne simplifie pas le problème.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Des transactions sur la récolte 2008
Malgré les risques, des transactions ont déjà eu lieu concernant la récolte 2008, qui cote pour le moment environ 10 euros de moins que celle de 2007. Les prix plutôt attractifs motivent les vendeurs. « Des engagements si précoces sur une deuxième récolte que l’on ne connaît pas, c’est une sorte de record ! », analyse un courtier. Après une période difficile de concurrence effrénée, les malteurs semblent avoir réussi à consolider leurs marges. « Il semblerait que, compte tenu des risques à la production, les malteurs soient obligés de s’engager à des niveaux supérieurs, indique un courtier. D’autant plus que les cours de l’orge de mouture ont beaucoup progressé. » Mais jusqu’où accepteront-ils d’aller ?