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Commerce Le Maroc espère un compromis sur la taxation des produits importés

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Les Marocains importent beaucoup de fruits et légumes via le marché international de Saint-Charles de Perpignan. Le Medfel, salon d'affaires fruits et légumes, qui s'est déroulé à Perpignan les 13, 14, 15 mai était l'occasion de discuter des échanges du pourtour méditerranéen. Dans l'actualité, le récent acte délégué portant sur une taxation des fruits et légumes entrant dans l'Union européenne inquiète la filière agricole marocaine, et notamment Mohamed Benzine, chef du département produit frais de l'établissement autonome de contrôle et de coordination des exportations (l'équivalent de FranceAgriMer au Maroc).

Le Maroc a pour objectif de doubler sa production et son exportation de fruits et légumes d'ici 2020 ...

Le plan Maroc vert a été initié par le ministère de l'Agriculture marocain en 2008, il court jusqu'à 2020. Nous avons déjà presque atteint nos objectifs avec les agrumes (2,2 millions de tonnes de production en 2014). Pour l'export, on vise 1,2 million de tonnes d'agrumes pour 2020. Doubler la production permettra d'étoffer le marché local pour moitié et l'autre moitié ira à l'export. Tout cela nécessite des infrastructures adéquates pour maintenir la qualité comme, par exemple, le transport du champ jusqu'à la station de conditionnement ou encore l'augmentation des capacités frigorifiques. Nous voulons développer les routes maritimes, le Maroc a créé une agence du développement de la logistique, chargée de créer des partenariats, des coopérations avec la rive mediterannéenne et à partir de là essayer d'arroser le monde entier !

Quelles seront les conséquences si une taxe est imposée à l'entrée de l'Union européenne comme il est prévu dans l'acte délégué de la Pac ?

Ce sera une perturbation énorme pour les Marocains car ils sont en pleine phase d'investissement. On leur a dit de doubler la production. Aujourd'hui, ils achètent des serres, des intrants, mettent en place de la logistique interne… Si jamais il y a un blocage à l'exportation, les gens auront des problèmes avec leur banque et ne pourront pas honorer leur crédit. J'espère aujourd'hui que les ministres de l'Agriculture français et marocain arriveront à un compromis qui préserve les droits des Marocains et des Européens.

Comment le Maroc s'aligne-t-il sur les normes phytosanitaires imposées par l'Europe ?

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Le Maroc a créé l'Office national de la sécurité sanitaire des aliments qui s'occupe du marché local et de l'export. L'Union européenne impose des normes de plus en plus drastiques et sévères. Les producteurs-conditionneurs de chez nous font face à des coûts supplémentaires. Mais ce n'est pas trop un problème car ainsi ils créent de la valeur ajoutée et obtiennent un retour sur investissement. Si un blocage se fait sentir de l'autre côté de la Méditerranée, ce serait néfaste pour notre agriculture.

Les contingents de tomates qui arrivent en France déclenchent les foudres des producteurs français. Quelle est votre réaction ?

La tomate est régit par l'accord de libre-échange avec un contingent. L'accord est entré en vigueur en octobre. Chaque année, il y a une augmentation de ce contingent et le Maroc n'envoie aucun kilo de plus. L'établissement autonome de contrôle et de coordination des exportations où je travaille veille au kilo près et il n'est pas question d'envoyer un kilo de plus en Europe. Les Marocains respectent bien les droits d'entrée pour exporter vers l'Union européenne.

Comment les professionnels agricoles marocains voient-ils leur avenir ?

L'avenir sera positif pour les Marocains et l'Europe malgré ce petit problème qui vient de surgir. L'Union européenne est de plus en plus agrandie et chacun peut voir de son côté qu'il est un peu lésé. Les opérateurs font confiance dans leurs décideurs et continuent donc leurs investissements afin de promouvoir la qualité et l'image du Maroc.