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Epizootie Le ministère de l’Agriculture appelle à une vaccination massive contre la FCO

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L’obligation de vacciner les bovins et les ovins a été levée pour la campagne 2010/2011 mais le ministère de l’Agriculture souhaite que les éleveurs continuent à protéger leurs animaux. Un « guide pratique de la vaccination FCO » va être distribué par les structures professionnelles sur le terrain pour les éleveurs qui vont désormais pouvoir vacciner eux-mêmes leurs troupeaux.

A l’heure où la campagne de prophylaxie classique va commencer dans les élevages, les pouvoirs publics et les organisations professionnelles veulent que les éleveurs continuent à vacciner leurs animaux contre la fièvre catarrhale ovine (FCO). La vaccination contre la FCO est en effet devenue volontaire. Ce qui implique qu’elle n’est plus financée par l’Etat. 32 000 cas avaient été répertoriés en 2008, 85 en 2009 et 1 seul en 2010 (sur un mouton près de la frontière italienne, ne présentant pas de signes cliniques). En 2010, 85% du cheptel français ont été vaccinés. En 2011, malgré la levée de l’obligation, le ministère de l’Agriculture se fixe le même objectif. Pour cela un « guide pratique de la vaccination FCO » conçu en collaboration avec la FNSEA, les Jeunes agriculteurs, Coop de France, la FNGDS (groupements de défense sanitaire) et le SNGTV (vétérinaires). « Nous souhaitons que la vaccination reste massive pour maintenir une pression vaccinale qui limite la circulation virale », explique Jean-Luc Angot, directeur adjoint de la DGAL et chef des services vétérinaires.

Libre circulation entre l’Espagne et la France
Pour faciliter cette vaccination, l’article 11 de la Loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche prévoit une révision de l’acte vétérinaire. Le décret, qui modifie le Code rural, est actuellement en cours de validation au Conseil d’Etat et devrait paraître rapidement pour permettre aux éleveurs de vacciner eux-mêmes leur troupeau. Le guide, envoyé à toutes les directions régionales (DRAAF), doit être diffusé auprès des éleveurs par le biais des organisation professionnelles (syndicats, GDS, groupement d’éleveurs, vétérinaires…). Il détaille de manière simple les raisons pour vacciner son troupeau, comment pratiquer cet acte et quand (voir encadré).
Car le contexte n’est pas forcément favorable pour atteindre un niveau élevé de vaccination. La trésorerie des exploitations n’est pas au mieux (surtout en élevage), la situation virale est bonne (1 cas en 2010) et les accidents de vaccination (avortement notamment) freinent les éleveurs. Pourtant, « il y a un intérêt à moyen et long terme », souligne Jean-Luc Angot. Selon lui, le maintien d’un faible nombre de cas rassure les pays voisins de la France, notamment l’Italie qui est pour le moment indemne de sérotype 1 de la maladie. Avec l’Espagne les choses sont plus simples : la situation épidémique entre les deux pays étant analogue les animaux pourront circuler librement entre les deux côtés de Pyrénées à partir du 1er janvier 2011.
Le prix des vaccins devrait être abordable, espère le ministère. Comme la campagne n’est pas obligatoire, il n’y a pas de commission bipartite départementale pour fixer les tarifs. Mais les pouvoirs publics ont entamé des discussions avec les laboratoires pharmaceutiques et comptent sur le jeu de la libre concurrence pour les limiter. Enfin pour faciliter encore l’utilisation par les éleveurs, un vaccin bivalent contre les sérotypes 1 et 8 vient d’obtenir une autorisation de mise sur le marché (une seule dose pour vacciner contre les deux virus). Il sera disponible pour les éleveurs à partir du 1er février prochain.

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