Les ventes d’imidaclopride n’ont pas augmenté de cent tonnes entre 2013 et 2014, selon le ministère de l’Agriculture, le 16 juin. L’erreur viendrait de la déclaration d’un des distributeurs de la substance. Côté agricole et société civile, le dispositif de suivi des phytos « n’est pas fiable », mais est « en cours d’amélioration ».
« On est sûr qu’il n’y a pas eu d’augmentation de cent tonnes des ventes (d’imidaclopride, ndlr) entre 2013 et 2014 », a expliqué à Agra Presse Hebdo le ministère de l’Agriculture, le 16 juin. Selon des données publiées par son service de statistiques, les ventes passaient de 269 086 kg en 2013 à 367 821 en 2014. Fin mai, cette information avait étonné l’Unaf (apiculteurs) et plusieurs opérateurs agricoles (Uipp, ITB, Gnis, Arvalis, SNFS). Franck Garnier, président de Bayer en France, commente aussi : « Nos chiffres de ventes concernant l’imidaclopride montrent une augmentation entre 2013 et 2014, d’un peu moins de 5 %. » L’imidaclopride est partiellement interdit depuis décembre 2013. Cette substance est utilisée en enrobage de semences, mais est interdite notamment pour les semences de tournesol, de maïs et de colza. Il reste autorisé en betteraves et en céréales à pailles. Pour ces deux filières, les organisations agricoles ne s’expliquaient pas la hausse publiée par les pouvoirs publics. « Nous allons faire un correctif, sûrement avant l’été », poursuit-on au ministère.
« Une erreur de conversion »
« Il s’agit d’une erreur de conversion dans la déclaration d’un distributeur »
Le ministère explique comment sont élaborées ces données : « Il s’agit des déclarations de vente des distributeurs. Ces données permettent de calculer la redevance pollution diffuse ». Ces déclarations sont obligatoires et annuelles, commente Générations futures. Pendant près d’un an, les distributeurs peuvent revenir sur leur déclaration pour corriger en cas d’erreur. Dans le cas de l’imidaclopride, le ministère de l’Agriculture explique qu’il s’agit « de l’erreur de conversion dans la déclaration d’un distributeur ».
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Évolution nécessaire
Ces erreurs peuvent pourtant fausser des données ensuite utilisées pour calculer les redevances pollutions diffuses ou simplement informer la société civile. Franck Garnier considère que la base de données (du ministère, ndlr) n’était pas « hyper fiable à l’époque (2013, 2014) ». Mais il remarque aussi que c’est « en cours d’amélioration ». Le ministère a expliqué qu’il travaillait avec Générations futures. L’association demande, notamment, une plus grande régularité des données publiées. Pour l’heure, les données sur les ventes de substances actives le sont une fois par an dans le cadre du plan Ecophyto.
L’interdiction entraîne l’augmentation des ventes d’autres substances
Les ventes de thiaclopride ont explosé entre 2013 et 2014 passant de 43 529 à 116 930 kg de substances actives vendus, selon les données du ministère de l’Agriculture. L’Unaf (apiculteurs) et l’AGPM (producteurs de maïs) sont d’accord : le thiaclopride permet de traiter à la place du clothianidine et du thiaméthoxam, eux interdits, pour le maïs notamment. Ainsi, les ventes de clothianidine-thiaméthoxam passent de 68 914 tonnes en 2013 à 16 119 tonnes en 2014. Les apiculteurs commentent : « Il faut faire cesser la substitution d’une molécule à une autre ». En revanche, face aux ravageurs et en l’absence d’alternatives type biocontrôle, l’AGPM explique que les agriculteurs doivent traiter pour ne pas perdre leur récolte. Ce qui justifie la hausse des ventes de thiaclopride.