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Manifestation Le ministre de l’Agriculture privé de visite au Sommet de l’élevage

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Alors qu’il s’apprêtait à franchir la porte du hall d’exposition du Sommet de l’élevage, le 7 octobre à Clermont-Ferrand, le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire s’est fait huer puis chahuter violemment par plusieurs centaines d’éleveurs. Le ministre de l’Agriculture a été contraint de rebrousser chemin et d’annuler sa visite. Des CRS sont intervenus. Les manifestants ont exigé le départ du ministre en criant « dehors ! ». Quelques heures après l’évènement, Patrick Bénézit, président du Berceau des races à viande a expliqué : « Nous attendions le ministre pour lui montrer notre mécontentement mais on ne s’attendait pas à ce que ça dégénère comme cela ». « La vivacité de cette expression est à la hauteur de la détresse des éleveurs », explique Pierre Chevalier, président de la FNB, qui évoque « un tsunami inattendu » de manifestants.

«Est-ce que le message a été compris cette fois ? », a lancé l’un des éleveurs ayant empêché le ministre de l’Agriculture de franchir les portes du Sommet de l’élevage à Clermont-Ferrand, le 7 octobre. Bruno Le Maire n’a en effet pas pu faire sa visite du salon et rencontrer les producteurs en raison d’un barrage organisé par plusieurs centaines de militants de la FNB (Fédération nationale bovine), de son association locale « Le Berceau des races à viandes » et de la Confédération paysanne.

« Tsunami »
À l’arrivée du ministre, un groupe de manifestants a d’abord commencé par le huer. Puis la situation a très vite dégénéré, devenant un « tsunami » selon le mot de Pierre Chevalier. Sous les coups de bâtons et les projectiles de viande hachée de quelques producteurs, le cortège autour du ministre a été contraint de reculer. Des CRS ont dû intervenir pour retenir les éleveurs vêtus de t-shirts rouges signés FNB arborant le slogan « Les producteurs de viande bovine en colère ». Certains ont sommé le représentant de l’État de quitter le Sommet en criant « dehors » à multiples reprises. Sous cette pression, le ministre a finalement décidé d’annuler sa visite.

FNB, Confédération paysanne
Une heure après l’incident, Bruno Le Maire a condamné ces violences tout en déclarant : « Ceci n’est pas l’objet de responsables politiques ou professionnels. » « J’espère que ce n’est pas le mot d’ordre d’une organisation syndicale », déclarait Jacques Chazalet, président de la Chambre régionale d’agriculture d’Auvergne et de la FRSEA Massif Central. Aucune n’en revendique officiellement la paternité en tout cas. Pierre Chevalier, président de la FNB interroge, étonné : « Est-ce qu’il y a vraiment eu des violences ? », ajoutant : « La vivacité de cette expression est à la hauteur de la détresse des éleveurs. » Et de remarquer « qu’il y avait aussi des éleveurs de la Confédération paysanne parmi les manifestants. » Une affirmation formellement démentie par Philippe Collin, son porte-parole : « Lorsque le ministre a été chahuté, nous étions sur le stand du ministère de l’Agriculture. Nous l’avions investi pacifiquement, en attendant le ministre. Et quand on a vu la foule devant le ministre, on a rejoint le mouvement. Mais la violence ce n’est pas le genre de pratique qu’on utilise. » De son côté, Patrick Bénézit, président du Berceau des races à viande, structure régionale de la FNB, expliquait : « Nous attendions le ministre pour lui montrer notre mécontentement mais on ne s’attendait pas à ce que ça dégénère comme cela ».
Non préméditées selon les organisations syndicales, ces débordements seraient juste des « violences isolées » d’après le ministre. Bruno Le Maire a même ajouté : « Ma pensée va à tous les éleveurs qui ont été privés d’une rencontre avec le ministre de l’Agriculture. Qui défendra les éleveurs sinon le ministre ? » Bruno Le Maire a tenu à rappeler qu’il connaissait parfaitement la situation des éleveurs mais qu’il ne pouvait y avoir de dialogue sans respect.

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