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Le modèle culturel essentiel

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Le modèle culturel est essentiel au maintien des cultures vivrières, notamment des fruits et légumes, a montré un des ateliers de la première journée du Sommet des fruits et légumes, conférence sur la nutrition qui s’est tenue du 28 au 30 mai à l’Unesco à Paris, organisée par Egea, à l’initiative d’Aprifel (Agence de promotion des F&L, adossée à Interfel). Michel Chauvet, ethnobotaniste au centre de recherche Agropolis de Montpellier, a fait le parallèle entre la perte des repères alimentaires et le recul des cultures vivrières, qu’elles soient du Sud ou du Nord. Il a trouvé significatif de « l’aliénation culturelle » que lors d’émeutes dues à la hausse des prix alimentaires au Sénégal, des manifestants aient brandi des pains. Or l’alimentation traditionnelle des pays d’Afrique de l’Ouest étaient le mil, le sorgho et le millet.

La quasi-disparition de ces trois céréales n’était pourtant pas fatale. L’urbanisation a certes fait reculer le travail des femmes à la maison, dont le pilage, mais des filières alimentaires auraient très bien pu monter des unités de décorticage, a-t-il fait remarquer.

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L’exemple contraire, celui d’une réhabilitation de légumes nombreux, variés et traditionnels, même dans une société ultra-moderne et urbaine, est donné par le Japon. Takashi Nishizawa, professeur à l’université d’agriculture de Yamagata, a témoigné du programme associant la recherche universitaire, les agriculteurs, les collectivités locales et l’État, pour promouvoir des légumes locaux comme le wasabi, l’udo, le fuki, le séri, le mi yoga. Il a indiqué aussi que face au soja brésilien bon marché, un noyau de producteurs, fortement soutenu par la collectivité, cultive le soja « Dadacha-mame », qui comprend dix variétés.