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Normes Le modèle sanitaire européen facteur de compétitivité

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Le système sanitaire européen a du bon. Certes il est contraignant, mais il est également très reconnu sur le marché mondial. Et il ouvre finalement plus de portes aux produits agroalimentaires français, réputés sains, loyaux et marchands, qu’il n’en ferme. C’est ce qu’ont expliqué des professionnels réunis par la Saf le 24 octobre.

Contraignant et excessif, l’ensemble de normes sanitaires qui encadre l’agroalimentaire européen ? Pas pour tout le monde. « Pour moi, ce modèle a quelque chose d’excessivement intéressant et efficace. Il est généralement pratiqué de manière très honnête. Une des conséquences est qu’il est très reconnu dans le monde ». Ces propos ont été tenus le 24 janvier par un professionnel de l’agroalimentaire, Jean-Louis Meuric, directeur des achats chez Davigel, filiale du groupe Nestlé France. Il s’exprimait lors du colloque sur « les enjeux sanitaires de la production agricole » organisé par la Société des agriculteurs de France (Saf), à Paris. Suivi dans ses évolutions, le modèle européen sert même parfois de référence à certains Etats pour bâtir leur propre système. Eric Martin, directeur du pôle agriculture, industries agroalimentaires et développement durable chez CEIS (Compagnie européenne d’intelligence stratégique), estime qu’il s’agit d’ « un critère de compétitivité » pour l’Europe. Car les produits qui partent à l’export sont sains, loyaux et marchands. Et l’arsenal de normes qu’ils respectent leur permet d’être directement assimilables sur les marchés locaux, sans transformations supplémentaires.

Effet globalement positif sur les exportations

Face à ceux qui jugent le système trop contraignant, Monique Eloit, directrice générale adjointe de la DGAL (Direction générale de l’alimentation), ne se laisse pas faire. « Tous les ans, les Russes nous demandent nos résultats d’analyses de résidus», a-t-elle expliqué. Les normes européennes deviennent donc des arguments de vente. Ce qui n’en fait pas pour autant quelque chose de facile à manipuler. « L’exportation est une bagarre de tous les jours », a rappelé la responsable de la DGAL. Des incidents ont régulièrement lieu à travers l’Europe : « Nous sommes en permanence en négociation pour maintenir les portes ouvertes », a-t-elle ajouté. Mais l’Union est également un gros importateur. Ses normes ont donc tendance à « diffuser » chez ceux qui lui vendent des produits. « Globalement, l’effet est positif sur nos exportations », a estimé Monique Eloit.

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Diffuser le système européen

Reste à savoir si les normes européennes seront encore compétitives demain. Pour bien faire, il faudrait que les pays émergents s’en inspirent. Une façon de se garantir de bonnes relations commerciales. « Au niveau du marché financier mondial, ce sont les Américains qui ont imposé leurs normes, de façon indirecte puis directe, a rappelé Jean-Louis Meuric. Faut-il faire des formations dans les pays émergents pour leur faire comprendre les normes sanitaires européennes ? » Une chose est sûre : ces Etats travaillent de près le sujet. « En Inde et en Chine, nous constatons une évolution très rapide de la transparence, a constaté Bernard Vallat, directeur général de l’OIE (Office international des épizooties). En 10 ans, nous sommes passés d’une opacité totale à une amélioration encourageante ». Selon Eric Martin, le congrès chinois a débloqué en mars une énorme somme afin de mettre en place ses propres normes. Affaire à suivre.