Abonné

Élections régionales Le monde agricole bien représenté

- - 5 min

Le 28 mars 2004 aura lieu le second tour des quatrièmes élections régionales au suffrage universel, une semaine après le 1 tour. Parmi les 1 600 conseillers qui seront élus, figurent des représentants du monde agricole dont des figures actuelles ou passées du syndicalisme, des élus de chambres d’agriculture ou de nouveaux venus en politique. Connus ou inconnus, ils sont tous d’accord pour défendre au niveau régional, leur métier et le valoriser.

En dépit du retrait de la candidature de Luc Guyau, président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) en Vendée, plusieurs figures du syndicalisme agricole sont néanmoins présentes sur différentes listes pour ces élections régionales. C’est le cas notamment de Jean-Luc Duval, ancien président des Jeunes agriculteurs, tête de liste sans étiquette de la liste UDF – Basse Normandie, pour le département de l’Orne, ou de Pascal Coste, président de la FNSEA Massif central et ancien président des Jeunes agriculteurs, présent sur la liste UMP-Limousin du département de la Corrèze. Daniel Gremillet, président de la chambre d’agriculture et président de la FDSEA des Vosges est quant à lui tête de liste UMP pour ce même département dans la région Lorraine. Guy Saint-Martin, ancien président de la FDSEA Lot-et-Garonne entre 1981 et 1985, est, de son côté, sur la liste PS-Aquitaine de la Dordogne et Joseph Giroud, président de la Chambre d’agriculture du Rhône, est candidat pour ce même département sur la liste UDF-Rhône-Alpes.

Le lien entre politique et syndicalisme

Si ces derniers ont occupé ou occupent encore des fonctions syndicales agricoles, ils ne conçoivent pas de la même manière la conciliation entre politique et syndicalisme. Ainsi, Guy Saint-Martin (PS) n’a pas souhaité cumuler des fonctions syndicales et des fonctions politiques. " Les syndicalistes qui sont aussi des politiques ne peuvent pas bien défendre le monde agricole ", estime-t-il. " Ils sont plus ou moins muselés par leur parti", ajoute-il. A l’inverse, Daniel Gremillet (UMP) estime que " cela n’est absolument pas incompatible, s’il s’agit de l’échelon local". De son côté, Pascal Coste, candidat société civile sur la liste UMP-Limousin, parle de " choix et d’engagement depuis longtemps au service d’un développement local" et estime que les deux fonctions ne sont pas en contradiction. Joseph Giroud indique quant à lui, qu’il a été " appelé" par l’UDF qui recherchait des personnes issues de catégories socio-professionnelles et figure à ce titre sur la liste.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Renforcer le poids du monde agricole

Tous estiment que l’engagement local et régional des agriculteurs est primordial, même si Antoine Peyret-Lacombe, viticulteur (Front National), tête de liste en Dordogne pour la région Aquitaine, pense que le pouvoir des agriculteurs peut être plus important au niveau des instances européennes. Gérard Bedos, ancien responsable de l’agriculture au parti socialiste, candidat PS dans l’Aude pour la région Languedoc-Roussillon, indique que les régions vont jouer un rôle essentiel dans l’application de la nouvelle Politique agricole commune. Jean-Luc Duval et Béatrice Gendreau, candidate en Dordogne sur la liste PS pour l’Aquitaine, pensent que les régions doivent jouer un rôle plus fort au niveau des aides à l’installation des jeunes agriculteurs. " Elles doivent aussi pouvoir faire pression au niveau national pour de meilleures mesures au niveau local", ajoute Jean-Luc Duval. " Même si les agriculteurs sont sous-représentés dans les conseils régionaux, il est important qu’ils y soient", estime Joseph Giroud car ils jouent un rôle primordial au niveau de l’aménagement du territoire". Sylvette Brian, candidate PS en Midi-Pyrénées dans la section Tarn-et-Garonne, souhaite quant à elle effectuer un rôle de relais et faire " mieux circuler les informations entre les agriculteurs et le conseil régional notamment au niveau de certaines aides".

Une présence en légère croissance sur les listes régionales

Guy St-Martin (PS) et Daniel Gremillet (UMP) se félicitent du nombre légèrement croissant d’agriculteurs sur les listes électorales dans leurs régions, par rapport au précédent scrutin de 1998. Aujourd’hui en 2004, dans les 22 régions françaises métropolitaines, une douzaine d’agriculteurs figurent en moyenne sur l’ensemble des candidats régionaux. Certaines régions comme Midi-Pyrénées ou l’Aquitaine arrivent en tête avec pas moins d’une vingtaine de représentants du milieu agricole. Sylvette Brian, (PS) se réjouit de son côté que, pour ce scrutin, « des agriculteurs soient placés en position éligible». En 1998, sur les 1671 élus pour les régionales en métropole, 52 étaient issus de la profession d’agriculteurs, soit 2,85 %. Si l’on en croit certains, le monde agricole pourrait être un peu plus représenté cette année dans les instances régionales.