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Pommes de terre Le négoce vise les marchés de l’Est

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Fédépom, le syndicat regroupant les négociants français en pomme de terre, a tenu son congrès annuel à Strasbourg, les 11 et 12 juin dernier, avec comme dominante le thème de l’exportation, notamment vers les pays de l’Est.

 Les derniers chiffres disponibles de la campagne 2003-2004 ont montré la bonne tenue des ventes aussi bien en volumes qu’en prix. Une conjonction qui n’est pas monnaie courante, surtout après la morosité au précédent congrès des négociants, à Montpellier.

Dans un contexte baissier de la production au niveau européen, la France est arrivée à tirer son épingle du jeu avec une récolte de 4,26 millions de tonnes. Mais les négociants ont surtout remarqué l’évolution des quantités achetées, qui étaient en progression de 2,8 % au 18 avril dernier, et celle des prix pratiqués en GMS : + 17,1 % en général avec un pic pour la variété Agata (+ 23 %), à la même époque. Pour le président de Fédépom, Philippe Ammeux, les résultats sont considérés comme exceptionnels.

Constitution d’un « Pardi » pour exporter efficacement

Avec plus d’un million de tonnes exportées entre août 2003 et mars 2004, les Français se placent bien sur le marché européen, principalement en Europe du Sud, alors que l’Allemagne, client historique, affiche en recul. L’attention est surtout portée sur les moyens à mettre en œuvre pour renforcer la pomme de terre française sur les nouveaux marchés européens qui viennent de s’ouvrir avec l’élargissement et, plus loin, avec la Russie.

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Les négociants sont au centre d’un projet de mise en place d’un Pardi (Programme d’action régional pour le développement international) pour la pomme de terre en Picardie. Peu employé dans le domaine agroalimentaire, le Pardi permet de mobiliser des moyens et des financements spécifiques (CPER - Contrats de plan État-régions, ou Feder - Fonds européen de développement régional) et un large recours aux opérateurs publics (DRCE - Directions régionales du commerce extérieur, Ubifrance - l’agence française du commerce extérieur). La Picardie est une région pionnière en la matière car elle a depuis plusieurs années déjà fait appel à cet outil pour ses industries mécaniques et industrielles. Ce Pardi devrait se faire dans le cadre d’un SPL (Système productif local), réseau d’entreprises spécialisées dans la région. Concrètement, le Pardi devrait permettre aux opérateurs de pommes de terre picards d’assurer collectivement la prospection et l’approvisionnement des marchés qu’ils visent.

Autre démarche pour favoriser l’exportation, développer une logistique efficace, principalement portuaire. Fédépom a commandité à un consultant expert dans le négoce une étude sur la compétitivité des ports du Nord de la France. Des disparités existent en effet avec les ports belges, néerlandais et allemands. La fédération des négociants en pommes de terre complétera cette démarche pour décongestionner l’expédition avec des présences sur des salons ciblés comme World Food à Moscou en septembre prochain et encore le tout nouveau Foodapest, qui se tiendra dans la capitale hongroise en novembre.