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Céréales Le niveau élevé des stocks de l’UE critiqué par des experts indépendants

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L’organisation commune de marché des céréales va-t-elle être modifiée à brève échéance en raison de l’accroissement important des stocks publics ? La Commission européenne se refuse pour l’instant à tout commentaire sur ce sujet sensible. La question mérite toutefois d’être posée suite à la réalisation par un bureau indépendant d’une étude qui met en relief certains dysfonctionnements dans les mécanismes actuels de l’OCM. Cette expertise précède de quelques mois le rapport d’ensemble que Bruxelles a l’intention de publier cet été sur le secteur céréalier

Dans une étude réalisée à la demande de la Commission européenne, le bureau d’analyse LMC International d’Oxford souligne que le régime actuel d’intervention a contribué à une harmonisation des prix des céréales à travers les vingt-cinq États membres et que, de ce fait, les investissements dans les secteurs des transports et de la logistique n’ont pas été encouragés. Dès lors, on assiste depuis l’été dernier à des apports importants de céréales dans les stocks publics dans les régions mal équipées sur le plan des infrastructures et souffrant de lourds handicaps sur le plan géographique. Cette situation nouvelle est due essentiellement à l’arrivée des nouveaux États membres de l’Est, en particulier de la Hongrie. Dans ces pays, est-il indiqué dans l’étude, le prix d’intervention (101,31 euros/tonne) demeure plus attractif que le prix de marché auquel s’ajoutent les coûts élevés de transport. Autre critique mise en avant : l’écoulement des stocks à partir de ces zones enclavées se fait très difficilement Selon les derniers chiffres publiés par la Commission, 8,5 millions de tonnes de céréales ont été offertes à l’intervention depuis juillet, dont 51 % en Hongrie, 17 % en Allemagne, 9 % en Pologne, 6 % en République tchèque et 6 % en Slovaquie. On assiste notamment au développement de l’intervention sur le maïs en Hongrie.

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Selon l’expertise réalisée par LMC, le prix d’intervention est globalement trop élevé, en particulier pour les céréales fourragères. Lors de la réforme de 2003, le commissaire à l’agriculture, Franz Fischler, avait proposé une baisse de 5 % du prix d’intervention. Mais ce projet, même limité aux céréales fourragères, n’avait pas été retenu par les ministres de l’agriculture de l’UE. L’une des options avancées par LMC pour remédier à ces difficultés est d’envisager la possibilité de remplacer l’intervention par un régime d’aide au stockage privé, en particulier dans les zones excédentaires, comme cela a été fait dans d’autres secteurs. Cette formule, poursuit LMC, a le grand avantage de contraindre le négoce à trouver lui-même des débouchés pour la marchandise provisoirement stockée, alors que, dans le cas de l’intervention, la Commission achète les céréales et doit se charger elle-même de leur commercialisation.