Lors de la 2e Convention d'affaires du biogaz et de la méthanisation à Troyes, le 18 mars, la filière française a montré que les unités à la ferme se développent de plus en plus.
LE nombre d'unités de méthanisation à la ferme en France est de 140 début 2014 contre 47 en 2010. « C'est une dynamique importante », a commenté Guillaume Bastide, ingénieur à l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) en charge des thématiques de méthanisation, lors de la 2e Convention d'affaires du biogaz et de la méthanisation, à Troyes, le 18 mars. La filière a pour objectif de s'industrialiser et de créer de la valeur ajoutée sur le territoire. Néanmoins, comparaison est encore faite avec l'Allemagne et ses 7000 unités de méthanisation. « Nous devons réfléchir à un modèle économique adapté à la méthanisation agricole française », a défendu Philippe Adnot, agriculteur, sénateur et président du conseil général de l'Aube. Bruno Allenet, chargé de mission pôles de compétitivité chez GDF-Suez et membre du comité de pilotage du plan industriel Energie renouvelable (lancé en septembre 2013), a rappelé les enjeux devant une centaine d'acteurs de la filière méthanisation : un budget de 3,7 milliards d'euros a été accordé par le ministère du Redressement productif pour les pôles industriels créateurs de valeur sur le territoire national. « Nous présenterons l'ensemble des projets énergies renouvelables retenus à Arnaud Montebourg fin mars », précise-t-il. Par ailleurs, l'Ademe relève que les disparités sont grandes selon les régions françaises. Ainsi, la méthanisation à la ferme est beaucoup plus développée en Bretagne ou encore en Normandie, régions d'élevage, qu'en Provence-Alpes-Côte-d'Azur ou dans le Languedoc Roussillon. Dans ces régions, ce sont les déchets ménagers et agglomérés qui alimentent principalement les cuves de méthanisation.
L'AGENCE de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) a lancé l'édition 2014 de l'appel à projets de recherche et développement (R&D) sur la valorisation de la biomasse, a-t-elle indiqué le 18 mars. Cet appel à projets libellé « Bioressources, Industries et Performance (Bip) » consiste à soutenir des projets de recherche et développement pour favoriser l'émergence de bioraffineries et accompagner le développement de la production d'énergie renouvelable à partir de biomasse. Les projets du Bip 2014 devront s'inscrire dans au moins un des deux thèmes détaillés dans le texte de l'appel à projets : bioraffineries (produits biosourcés pour la chimie et les matériaux et biocarburants), et production d'énergie « renouvelable et propre » à partir de biomasse. Date de clôture du dépôt des pré-projets : jeudi 12 juin à 14h.
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La filière méthanisation française se fixe des objectifs ambitieux : « D'ici 3 à 5 ans, il est possible de parvenir à développer des projets avec plus de 50% de valeur ajoutée française ou produite en France (aujourd'hui 27% d'après le groupe de travail Biogaz vallée dédié) ». Près de 13 000 emplois pourraient ainsi être créés d'ici à 2020. En nombre d'unités de méthanisation, le scénario « volontariste » de l'Ademe vise les 1400 installations (ferme, industrie…) d'ici à 2030.