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Pomme de terre Le nord de l’Union européenne prend le pas sur le sud

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En dépit d’une baisse de la production, le secteur de la pomme de terre reste très dynamique dans l’UE grâce à un noyau dur de cinq Etats membres du nord-ouest. En revanche, les pays méditerranéens et la Pologne, moins bien organisés et disposant de conditions agronomiques moins favorables, accusent un très net recul. La Commission européenne, dans un rapport sur la production de pommes de terre dans l’Union, prévoit que cette tendance devrait se consolider au cours des cinq prochaines années

La part du Royaume-Uni, des Pays-Bas, de la Belgique, de l’Allemagne et du nord de France dans la production de pommes de terre dans l’UE-25 est en constante augmentation (56 % de la production de l’UE). La bonne organisation de la filière dans ces pays montre qu’une coordination plus poussée est à même de renforcer la compétitivité et d’apporter des avantages à tous les opérateurs, indique la Commission européenne.

A l’inverse, les pays du sud perdent du terrain en tant que bassin de production et ont recours, de manière très significative, à l’Europe du nord-ouest pour assurer leur approvisionnement. Les prix dans la zone méditerranéenne (Italie, Espagne, Portugal, Malte, Grèce, Chypre) sont fortement affectés par la tendance observée dans le nord de l’Europe. La production espagnole est passée de 5,2 Mt en 1990/92 à seulement 2,6 Mt en 2005. Un déclin très sensible est également visible en Pologne, le premier producteur européen, qui assure un cinquième de la production communautaire. La récolte dans ce pays est passée de 29,6 millions de tonnes en 1990/92 à seulement 9,6 Mt en 2005.

La production communautaire de pommes de terre et de semences s’est élevée dans l’UE-25 à 58,2 Mt en 2004 et à 48,3 Mt en 2005, contre 79,6 Mt en 1990/92. La hausse de la demande pour les produits transformés à base de pommes de terre n’a pas suffi à compenser la baisse de la demande pour les pommes de terre de consommation. A cela s’ajoute une moindre utilisation de pommes de terre dans l’alimentation animale au profit notamment des céréales.

Les semenciers européens très performants

Les superficies consacrées aux semences de pomme de terre sont en progression de 0,7 % par an depuis 1999, les Pays-Bas occupant de loin la première place avec 39 500 ha en 2004 devant l’Allemagne 18 750 ha, la France 15 000 ha et le Royaume-Uni 14 000 ha.

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Au niveau mondial, la production de pomme de terre est en augmentation, de 1,4 % par an, passant de 266 millions de tonnes en 1990/92 à 323 Mt en 2003/05. La progression a été particulièrement forte en Chine (+ 5,8 %), qui est devenue le premier producteur avec une part de 23 %, devant l’Inde 7,8 %.

L’industrie européenne de la pomme de terre est très compétitive aussi bien dans l’UE que sur les places mondiales les plus dynamiques, note la Commission dans son rapport. Quelques firmes néerlandaises détiennent une position de leader sur le créneau des semences et des produits transformés. La Commission estime que les semenciers européens sont très bien placés pour se développer davantage, du moins si les principes de base des droits de propriété intellectuelle sont pleinement respectés, en particulier dans les pays émergents les plus importants.

Jusqu’à présent, le Danemark, la Finlande, l’Allemagne, le Luxembourg, l’Angleterre et l’Irlande du Nord ont opté pour le régime de paiement unique, ce qui représente 390 000 hectares, soit 32 % de la surface de l’UE-15 et 17 % de l’UE-25 consacrés à la culture de pommes de terre.