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Politique Le nouveau ministre Bruno Le Maire précise sa feuille de route

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Quinze jours après sa nomination, Bruno Le Maire, le nouveau ministre de l’Agriculture, a fixé le cap de son action. Le 7 juillet, lors de la réception annuelle des personnels du ministère, il a dévoilé « ses grandes orientations » et « des projets à plus long terme ». Une rentrée qui s’annonce studieuse avec notamment l’organisation des premières assises de l’enseignement agricole en octobre et une réunion de la filière laitière sur la contractualisation le 1er octobre.

«Impératif moral », « exigence républicaine », « exemplarité » … C’est dans un registre plutôt solennel, mettant en avant les valeurs de la République, tout en insistant sur son ressenti, que le nouveau ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire a dressé sa feuille de route, le 7 juillet, devant les personnels du ministère venus en nombre à sa « garden party ».
Au chapitre des « grandes orientations », le ministre identifie « ce qui n’est pas choisi mais imposé », à savoir les crises. « C’est un impératif moral » pour nous d’y répondre, a-t-il déclaré. Il a évoqué le sentiment de « détresse » qu’il ressent dans la filière laitière, voulant y apporter des « solutions immédiates ». Il tient à proposer des « soutiens à la trésorerie » pour les éleveurs, a-t-il rappelé. En effet, interrogé le même jour à l’Assemblée national sur la crise laitière, il avait déjà insisté sur la nécessité d’agir rapidement pour soulager la trésorerie des éleveurs.
Bâtir la contractualisation
Au programme de la rentrée, le ministre a indiqué à l’Assemblée nationale « donner rendez-vous (…) le 1er octobre prochain à tous les acteurs de la filière du lait en France pour que nous mettions sur pied cette contractualisation dans la filière du lait ». Il faut « bâtir cette contractualisation », a-t-il répété lors de la réception annuelle du personnel du ministère le même jour. Cette volonté doit aller de paire avec la « transparence des prix ». « C’est une exigence républicaine », a lancé le ministre Autre sujet majeur pour Bruno Le Maire : l’enseignement public agricole. Un dossier qui fait partie de « ses grandes orientations ». Bruno Le Maire a évoqué le « désarroi » de « la communauté enseignante » qu’il « voit bien ». Il souhaite « fixer des objectifs à l’enseignement agricole public, garantir sa spécificité et lui donner des perspectives d’avenir ». C’est pourquoi il va organiser les premières assises de l’enseignement public agricole en octobre.
L’excellence alimentaire
« À plus long terme », il a insisté sur sa volonté de « garantir une bonne alimentation aux Français ». « Ce n’est pas un hasard si le ministère s’appelle aujourd’hui ministère de l’Alimentation, a-t-il dit. Nous pouvons être le pays de l’excellence alimentaire (…) Il faut rendre notre modèle alimentaire encore plus populaire qu’il ne l’est aujourd’hui ».
Autre grand chantier : « Construire une agriculture d’après crise ». « Nous sommes à un tournant », a estimé le ministre, évoquant notamment une agriculture plus « respectueuse de l’environnement ». Il souhaite « un ministère exemplaire » par rapport au « retour de la rigueur » lié à la crise économique qui nécessite de la « régulation ». Afin d’avoir une « réflexion stratégique », Bruno Le Maire veut s’appuyer sur « un centre d’études et de prospectives » qu’il souhaite créer au sein du ministère. Rappelons que l’ancien ministre Michel Barnier avait profité du cadre de la RGPP (révision générale des politiques publiques) pour réorganiser les capacités d’analyses du ministère. Il avait regroupé et renforçé ces moyens au niveau du secrétariat général au sein d’une « sous-direction de la prospective et de l’évaluation ».
Grand emprunt : l’agriculture aussi
Après l’annonce faite par Nicolas Sarkozy du lancement d’un grand emprunt, Bruno Le Maire souhaite positionner son ministère. « Nous devons porter des projets crédibles », souligne-t-il. Quant à la réforme de la Pac, il défend une « Pac moderne » avec de la régulation. Prônant le « dialogue », il insiste sur l’obligation de « trouver des alliés » en Europe dans le débat qui s’annonce sur la réforme de la Pac. Une méthode qui n’est pas sans rappeler « la diplomatie agricole » défendue par l’ancien ministre de l’Agriculture, Michel Barnier. Ce n’est pas en restant dans notre bureau que nous trouverons des solutions, a conclu Bruno Le Maire. Place à l’action.

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