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Le p.-d.g de Danone Emmanuel Faber toujours dans la tourmente

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Alors que les résultats annuels du groupe sont en passe d’être publiés, Emmanuel Faber, p.-d.g de Danone, fait face à une fronde grandissante de certains actionnaires.

La torchon brûle toujours entre le patron de Danone et certains de ses actionnaires alors que le groupe doit présenter ses résultats annuels le 19 février. Après le fonds activiste londonien Bluebell Capital Partners, c’est au tour d’un nouvel actionnaire de critiquer le 11 février la position d’Emmanuel Faber à la tête du groupe agroalimentaire français Danone, au terme d’une année qui a vu plonger les ventes d’eau en bouteille, le cours de Bourse et la cote du p.-d.g., rapporte l’AFP.

« Un changement urgent est nécessaire pour éviter un dommage permanent aux marques emblématiques du groupe et à sa position de marché », écrit ainsi dans une lettre au conseil d’administration la société de gestion d’actifs Artisan Partners basée aux États-Unis. « Les remèdes nécessaires sont simples et ne devraient pas être sujets à controverse. Les fonctions de président et de directeur général doivent être dissociées », met en avant le courrier, ciblant ainsi clairement Emmanuel Faber qui cumule les deux fonctions.

Une entreprise à mission

« Danone est véritablement une star de l’industrie et mérite son statut d’icône française, est-il souligné. Malheureusement, la performance financière de Danone n’est pas en ligne avec la qualité de ses actifs. » En réaction, Danone dit accueillir « favorablement tous les investissements et les points de vue constructifs sur la manière dont nous pouvons créer de la valeur dans la durée ».

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Alors même que Danone a annoncé la suppression de 2000 postes dans le monde dont près du quart en France, les syndicats de salariés volent au secours du p-.d.g. Tous rappellent l’historique de l’entreprise bâtie autour d’un « double projet économique et social » promu par les fondateurs de Danone, la famille Riboud. Assurant qu’en faisant du groupe la première entreprise à mission cotée en Bourse, Emmanuel Faber ne fait que perpétuer cette tradition.

La première organisation syndicale du groupe, le SNI2A CFE CGC déplore que « des fonds activistes tentent de déstabiliser la gouvernance du Groupe Danone afin d’augmenter leur profit financier à court terme ». « Les représentants des salariés […] défendront la gouvernance actuelle dans leurs intérêts mais aussi celui des actionnaires qui misent sur une stratégie basée sur la confiance des consommateurs avec une rentabilité raisonnable sur le moyen et le long terme. »

Pour la FGA-CFDT, « ces derniers résultats économiques sont à relativiser : leur nature est avant tout conjoncturelle et liée à la crise sanitaire que nous traversons » ajoutant qu’« une entreprise peut être économiquement performante et avoir en son sein un dialogue social de qualité ». Du côté de la FGTA-FO, le syndicat demande « au conseil d’administration de s’opposer à la stratégie menée par les fonds activistes ».

« Les fonctions de président et de directeur général doivent être dissociées » selon les fonds activistes