Comme la Commission européenne, les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) estiment que le paquet lait doit être « prolongé au-delà de 2020 », et ce pour « aider les agriculteurs à tirer de meilleures recettes du marché », selon le président de leur groupe de travail sur le secteur, Thierry Roquefeuil (1).
Celui-ci juge cependant que ce dispositif, appliqué depuis 2012 pour renforcer la position des producteurs dans la chaîne alimentaire, « ne suffira toutefois pas à relever tous les défis » et qu’il doit être « complété par des outils visant à protéger les revenus des agriculteurs contre les risques, comme des contrats à prix fixes ou les marchés à terme ».
Pour Thierry Roquefeuil, « il nous faudra également des filets de sécurité efficaces », tandis que « les risques sur le marché extérieur pourraient être couverts par des assurances-crédits à l’exportation ».
Le commissaire européen à l’agriculture, Phil Hogan, devait assister le 2 décembre à Nice au congrès annuel de l’Association laitière européenne (EDA), qui représente l’industrie de transformation du secteur.
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Présentée le 28 novembre à la commission de l’agriculture du Parlement européen par Aurélie Trouvé, professeur à AgroParis Tech, une étude intitulée « Mesures contre les déséquilibres du marché : quelles perspectives après les quotas laitiers dans le secteur laitier européen ? » recommande, « comme condition préalable, une régulation des volumes de production en cas de crise, généralisée à l’échelle européenne, sinon une régulation des volumes de façon indirecte (comme condition à un soutien des prix ou des revenus, ou à travers un plafonnement des chargements animaux) ».
Les auteurs, chercheurs et universitaires surtout français mais aussi canadien et néerlandais, préconisent également « des dispositifs européens de lissage des revenus, à travers des paiements contracycliques dégressifs, un soutien significatif et revu des fonds de mutualisation ou une réserve de crise européenne plus efficace », ainsi qu’« une vigilance plus importante vis-à-vis de la politique commerciale européenne, en particulier vis-à-vis des accords de libre-échange en cours de négociation ».
Basée sur une recherche financée par le ministère français de l’agriculture et FranceAgriMer, l’étude prône par ailleurs un « renforcement des producteurs vis-à-vis de l’aval » (associations de producteurs par grand bassin de production, interprofession), ainsi que la création d’une « instance d’arbitrage dans les conflits relatifs aux relations contractuelles » (2).
(1) et (2) Voir n° 3571 du 28/11/16