C’est à une large majorité que le Parlement européen a approuvé le 3 février l’accord de Genève de 2009 sur la banane qui permet à l’UE et aux pays latino-américains (principalement Equateur, Colombie, Costa Rica et Panama) de mettre fin au conflit commercial qui dure depuis seize ans. Les députés soulignent néanmoins que cet accord ne permettra pas de répondre entièrement aux intérêts légitimes de toutes les parties, y compris les producteurs de l’UE.
Aux termes de cet accord, l’UE a accepté de mettre progressivement un terme au traitement préférentiel réservé aux pays exportateurs de bananes d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), essentiellement le Cameroun, la Côté d’Ivoire, la République Dominicaine, Belize et le Surinam. De leur côté, les pays latino-américains ont mis fin aux litiges en suspens introduits contre l’UE auprès de l’OMC et ont obtenu un accès plus facile (réduction des droits à l’importation) pour leurs livraisons sur le marché communautaire à partir de 2017. Les députés soulignent néanmoins que cet accord ne permettra pas de répondre entièrement aux intérêts légitimes de toutes les parties, y compris ceux des producteurs de bananes de l’UE. Selon eux, les dispositions financières particulières pour les régions productrices de bananes ultrapériphériques de l’UE n’offrent pas un soutien suffisant aux producteurs de La Réunion, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, les Açores, Madère et les îles Canaries, qui pourraient être significativement affectés par l’accord de Genève. Les députés appellent également la Commission à accroître le soutien aux producteurs de bananes de l’UE et des ACP et de le prolonger jusqu’en 2020 si cela s’avère nécessaire. En plus d’une aide régulière de l’UE, les pays ACP recevront une aide du budget communautaire (jusqu’à 200 millions d’euros) pour les aider à s’adapter à la concurrence plus rude de l’Amérique Latine. Enfin, les députés encouragent les autorités européennes compétentes à prendre d’autres mesures pour s’assurer que les producteurs de l’UE soient en mesure de rester sur le marché.
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