Les eurodéputés réunis en plénière le 28 novembre ont approuvé à une très large majorité – par 457 voix contre 140 et 71 abstentions – l’accord autorisant la commercialisation en franchise de droit sur le marché européen d’une plus grande quantité de viande de bœuf américain de haute haute qualité, sans hormones, à hauteur de 35 000 tonnes métriques (contre 17 000 aujourd’hui) (1). Une augmentation échelonnée sur une période de 7 ans. Cette décision n’aura aucune incidence sur le volume global de viande de bœuf entrant dans l’Union (soit un quota global de 45 000 tonnes métriques par an). L’Australie, l’Uruguay et l’Argentine se mettront d’accord pour la répartition des 10 000 tonnes métriques restantes.
Pour le rapporteur Bernd Lange (social-démocrate), « le message de cet accord est clair : nous voudrions réduire les tensions commerciales avec les États-Unis, mais nous voulons voir les mêmes efforts de désescalade de l’autre côté de l’Atlantique. Nous aimerions voir une solution négociée au différend Airbus-Boeing et des progrès dans d’autres domaines tels que les droits de douane sur l’aluminium et l’acier et sur les olives de table » (2). Mais, du côté de l’eurodéputé social-démocrate, Éric Andrieu, le ton est totalement différent puisque ce dernier souligne avant tout « le non-sens d’un tel accord alors que l’UE s’était engagée à ne conclure aucune négociation commerciale avec les États-Unis portant sur le volet agricole ». Avec un marché européen de la viande bovine totalement saturé, celui-ci prévient que « ces viandes américaines dites de “haute qualité” ne répondent pas aux normes de production des viandes européennes ni en matière de traçabilité ni en matière d’alimentation. Il n’y a aucune réciprocité ». Enfin, il dénonce cette « offrande donnée à Donald Trump afin d’adoucir ses positions (dans le cas Airbus) » qui « sacrifie une fois encore l’agriculture européenne ».
L’accord entrera en vigueur d’ici au 1er janvier 2020.
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(1) Voir n° 3712 du 14/10/19
(2) Voir même numéro