Abonné

Spiritueux Le Parlement européen opte pour une définition flexible de la vodka

- - 3 min

C’est une longue bataille qui s’achève au sein de l’Union sur la définition et l’étiquetage de la vodka. Le Parlement européen, en effet, a adopté en première et dernière lecture un rapport portant sur un projet de règlement qui concerne la production et l’étiquetage des boissons spiritueuses, dont la vodka, le dossier le plus contesté. Désormais seules les boissons fabriquées à partir de céréales et de pommes de terre peuvent prétendre au qualificatif de vodka traditionnelle. L’industrie des spiritueux qui voudrait en fabriquer, en y ajoutant d’autres ingrédients (mélasse de betteraves, pommes, raisins, etc.) et les vendre comme de la « vodka », doit le mentionner spécifiquement sur l’étiquette. Ce texte doit encore être entériné par le Conseil des ministres lors d’un vote final en septembre 2007.

Rhum, pastis, cognac, whisky, eaux de vie, liqueurs, gin, vodka, genièvre, ouzo… Chaque région, chaque pays de l’UE a sa boisson traditionnelle ou favorite. Mais au sein du Marché unique, des règles communautaires sont nécessaires afin de garantir la qualité du produit, de protéger les droits des producteurs et de fournir une information fiable au consommateur. Du fait du mécontentement persistant de députés venant de pays producteurs de vodka (Pays baltes, Scandinavie et Pologne), des amendements ont été déposés lors du vote en plénière. Ils souhaitaient en effet que seule la vodka produite à partir de céréales, de pommes de terre ou de mélasse puisse porter ce nom, mais les députés ne les ont pas suivis. Le projet de règlement sur les boissons spiritueuses adopté par le Parlement est une nouvelle mouture de la législation existante, qui doit assurer la conformité avec les règles et les normes de l’OMC, approuvée dans le cadre de l’accord relatif aux aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (accord TRIP), qui permet aux producteurs européens de préserver leurs indications d’origine géographique sur le marché mondial.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

La France satisfaite sur le rhum

Margie Sudre (PPE, France) est intervenue lors du débat pour évoquer la question qui intéresse le plus la France, la question du rhum. Elle s’est félicitée de la reprise dans le rapport parlementaire adopté « d’une définition adéquate du rhum agricole produit exclusivement à partir de jus de canne à sucre, signe de qualité reconnu par les consommateurs ». Selon elle, cette définition lui permet « d’être mieux distingué de ses concurrents des pays tiers ». La parlementaire française a souligné que le rhum est une boisson fortement consommée dans toute l’Europe et produite uniquement dans les départements français d’outre-mer et à Madère. Elle a souligné l’importance du rhum dans les DOM, où « la filière canne-sucre-rhum représente à elle seule plus de 40 % de la valeur des exportations et 40 000 emplois induits en Guadeloupe, à la Martinique et à la Réunion ».