« La plus grande urgence en matière de lutte contre la consommation dangereuse et nocive d’alcool concerne les effets de la boisson sur les jeunes, qui sont plus vulnérables ». En adoptant le rapport d’Alessandro Foglietta (groupe Union pour l’Europe des nations) sur « Une stratégie de l’UE pour aider les Etats membres à réduire les dommages liés à l’alcool », le Parlement européen engage la Commission à répertorier et à quantifier les effets nocifs concrets de la consommation d’alcool chez les jeunes, afin d’assigner aux États membres des objectifs européens de lutte contre la consommation dangereuse et nocive d’alcool chez les jeunes. Il appelle la Commission et les États membres à intensifier les échanges de pratiques avérées en y associant les ONG et les groupements économiques dans le cadre du forum européen « Alcool et santé », afin notamment de prévenir la consommation dangereuse et nocive d’alcool chez les enfants et les jeunes.
Dans leur résolution adoptée le 5 septembre, les eurodéputés demandent que des campagnes d’éducation soient menées auprès de jeunes par les États membres et les groupements d’intérêts sur les risques liés à la consommation dangereuse et nocive d’alcool, en particulier grâce à des programmes éducatifs en milieu scolaire. Ils exigent la limitation de l’accessibilité et de la disponibilité des boissons alcooliques pour les jeunes, par exemple en appliquant de façon stricte la législation en vigueur qui interdit la vente d’alcool aux mineurs, en intensifiant les contrôles auprès des vendeurs et des distributeurs, comme les restaurants et les bars, les supermarchés et les détaillants. Ils demandent aussi que soient associés les détaillants et le secteur de la restauration à la définition et à la mise en œuvre de mesures concrètes pour que l’alcool et les mélanges alcoolisés (« alcopops ») ne soient ni vendus ni servis aux mineurs. Ils insistent pour qu’une attention particulière soit accordée « aux mélanges alcoolisés, qui ciblent tout spécialement les jeunes », afin de veiller à ce que leur caractère alcoolique puisse être clairement identifié par les consommateurs par des mesures telles que des exigences d’étiquetage plus strictes pour les boissons de cette nature et l’obligation d’une séparation claire des mélanges alcoolisés et des boissons non alcoolisées dans les magasins, et que leur vente soit interdite aux mineurs. Les députés n’hésitent pas à encourager également l’instauration d’une taxation plus lourde de ces boissons. Ils sont également en faveur de la création d’un « prix européen de la meilleure campagne contre la consommation dangereuse et nocive d’alcool destinée aux écoles et aux jeunes ».
Encadrer la publicité
La résolution du Parlement européen souligne que la publicité et les pratiques de commercialisation se rapportant aux boissons alcoolisées ne devraient pas viser les mineurs et exige de la Commission et des États membres l’élaboration de lignes directrices concernant la publicité pour les boissons alcoolisées à la télévision et garantissant la mise en œuvre de la nouvelle directive « Télévision sans frontières », une fois celle-ci adoptée. La Commission est invitée à encourager les prestataires de services de médias audiovisuels à inclure dans leurs codes de conduite des règles sur la programmation de la publicité pour les boissons alcoolisées. S’ils appuient les engagements d’autorégulation pris, par exemple, par le secteur de la publicité et de la production d’alcool, les eurodéputés invitent cependant la Commission et les États membres à « contrôler le respect de ces engagements et à prendre des sanctions en cas de non-respect ».
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Ils demandent à la Commission de lancer une étude comparative de l’impact et de l’efficacité des divers moyens d’information et de communication, notamment l’étiquetage et la publicité, utilisés dans les États membres pour parvenir à une réduction de la consommation dangereuse et nocive d’alcool et de publier les résultats de l’étude au plus tard le 31 décembre 2009. La Commission est encore invitée à encourager les initiatives visant à échanger les bonnes pratiques médicales dans divers cadres de soins de santé, ainsi qu’à promouvoir « des campagnes d’information indépendantes et impartiales destinées à sensibiliser le public aux risques de la consommation dangereuse et nocive d’alcool ». Les États membres sont de leur côté priés de s’attaquer au problème de la vente illégale d’alcool et au marché noir, de contrôler la qualité de l’alcool vendu et d’intensifier les contrôles visant les alcools de fabrication artisanale (tels que les produits distillés) qui peuvent entraîner la mort.