Le Parlement européen, réuni en session plénière le 13 mars à Strasbourg, a accepté dans ses grandes lignes la proposition de la Commission européenne visant à clarifier les distinctions entre les différentes viandes actuellement vendues sous la dénomination « veau ». A l’heure actuelle, « les consommateurs se retrouvent face à des produits très différents, mais vendus avec une seule et même dénomination veau » et les opérateurs sont placés dans des conditions de « concurrence déloyale », constate la rapporteure Bernadette Bourzai (PSE, FR). Les députés demandent aussi des garanties supplémentaires pour les consommateurs.
La proposition de la Commission vise à réserver les dénominations « veau » ou « viande de veaux » à la viande d’animaux de moins de 8 mois à partir de juillet 2007, les viandes issues de bêtes âgées de 8 à 12 mois devant être étiquetées en tant que « bovin » ou « viande de jeunes bovins ». Les députés demandent aussi la mise en place de régimes de sanctions en cas de fraudes dans les Etats membres et l’application du règlement non seulement à la viande fraîche ou congelée, mais aussi aux produits cuits ou transformés.
De plus, ils recommandent aussi le remplacement, par « V » pour les veaux et « Z » pour les jeunes bovins, des catégories « X » et « Y » proposées par la Commission pour marquer les viandes tout au long de la chaîne de commercialisation, ceci dans le but d’éviter de les confondre avec le sexe des animaux. Ils souhaitent par ailleurs la suppression de toute possibilité de dérogation nationale à l’obligation de mentionner ces catégories sur tous les documents commerciaux.
Les députés ont approuvé en revanche un amendement visant à exclure du règlement les produits qui se verraient octroyer à l’avenir une appellation d’origine contrôlée (AOC) ou une indication géographique protégée (IGP).
Le Parlement s’est aussi prononcé en faveur d’une dérogation générale aux règles d’étiquetage pour le Royaume-Uni.
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Ils ont, en revanche, refusé toute dérogation à l’obligation de distinguer les produits en deux catégories pour les pays dont la production de viande d’animaux de moins de 12 mois n’excède pas 3% de la production bovine totale.
« Veau blanc » et « veau rosé »
Deux grands types de production de viande de veau coexistent à l’heure actuelle dans l’UE. Dans la plupart des Etats membres et principalement en France, en Italie, en Belgique et en Allemagne, les animaux sont alimentés principalement à base de lait et de produits laitiers et abattus avant 8 mois. Dans une minorité de pays (Espagne et Danemark notamment), les bêtes sont nourries quasi-exclusivement de céréales et ne sont envoyées à l’abattoir qu’après 10 mois. Aux Pays-Bas cohabitent les deux filières du « veau blanc » élevé au lait (85% de la production) et du « veau rosé » engraissé aux céréales et abattu plus tard. Le premier est généralement associé à une meilleure qualité gustative et son coût de production est plus cher de 2 à 3 euros par kg, mais tous deux sont vendus sous la même dénomination valorisante de « veau ».
La production européenne de veau s’élevait en 2005 à 800 000 tonnes (équivalent carcasse), dont 85% produites dans cinq Etats membres. La France (30% de la production) est de loin le premier producteur devant les Pays-Bas, l’Italie, la Belgique et l’Allemagne. La France et l’Italie représentent à eux seuls près de 70% de la consommation européenne de veau.