Abonné

Sécurité alimentaire Le Parlement européen veut des mesures contre les fluctuations des prix des aliments

- - 3 min

L’UE devrait prendre l’initiative de proposer à la fois un système global d’inventaire des stocks alimentaires, la création d’une obligation de garantir la disponibilité de denrées alimentaires au niveau mondial et l’amélioration des systèmes de stockage des intrants agricoles essentiels (semences, engrais, pesticides, etc.) dans les pays en développement. C’est ce que vient de plaider le Parlement européen en adoptant le rapport de la députée irlandaise, Mairead McGuinness (PPE) sur « la Politique agricole commune et la sécurité alimentaire mondiale ».

Ce rapport note qu’en l’espace de deux ans, les prix mondiaux des denrées alimentaires ont augmenté de plus de 80% en moyenne tandis que les stocks de céréales atteignaient le niveau historiquement faible et préoccupant de 40 jours de réserve en 2008. Selon la Banque mondiale, plus de 860 millions de personnes dans le monde souffrent de la faim de façon chronique et ce chiffre pourrait augmenter de 100 millions avec la crise actuelle. Si les prix des denrées de base sont maintenant revenus à des niveaux proches de 2006, la FAO et l’OCDE redoutent que leur volatilité s’accentue alors que la demande alimentaire mondiale devrait doubler d’ici 2050. Parmi les mesures proposées dans le rapport, le Parlement demande la mise en place d’instruments visant à prévenir les fluctuations spectaculaires et dommageables des prix. Ils souhaitent aussi une analyse globale de l’impact de l’augmentation de la production de biocarburants sur les prix des denrées de base et soulignent la nécessité d’accords internationaux et régionaux pour garantir que les cultures énergétiques ne mettent pas en danger la sécurité alimentaire. Les députés demandent un engagement ferme de l’UE à privilégier les biocarburants de deuxième génération - qui n’entrent pas en concurrence avec la production alimentaire. Ils estiment que la politique agricole commune (PAC) doit demeurer la pierre d’angle de la politique de sécurité alimentaire de l’UE, y compris au-delà de 2013 et qu’elle doit à ce titre être adaptée au-delà de ce qui a été fait dans le cadre du « bilan de santé » de la Pac. Les dépenses agricoles devraient, selon eux, demeurer à un niveau stable et constant pour garantir des revenus équitables aux agriculteurs et des polices d’assurances efficaces devraient être mises en œuvre pour que les producteurs puissent se prémunir contre les fluctuations massives des prix. Les eurodéputés demandent enfin une analyse complète des effets de la crise financière sur le secteur agricole.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.